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Coupe de France de robotique 2026 : 230 équipes s’affrontent à La Roche-sur-Yon pour aider des écureuils à ramasser leurs noisettes

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Pendant trois jours, le parc des Oudairies de La Roche-sur-Yon s’est transformé en arène robotique. La 32e Coupe de France de robotique a réuni du 14 au 16 mai 2026 quelque 230 équipes venues de toute la France, avec en bonus la finale internationale Eurobot. Pour fêter la 10e édition consécutive accueillie en Vendée, l’organisation a choisi une thématique pour le moins inattendue : aider des écureuils à récupérer leurs noisettes perdues.

Les équipes, juniors comme seniors, ont passé des mois à concevoir leurs robots de A à Z : conception mécanique, électronique embarquée et programmation. Une fois homologués, les engins se sont affrontés sur des aires de jeu thématiques. Pas de duel frontal façon Battlebots ici, mais des matchs de coopération-compétition où chaque robot tente, en autonomie complète, d’accomplir un maximum de tâches en cent secondes chrono.

Une thématique « écureuils » qui donne le ton

Cette année, la mascotte est un écureuil et les robots doivent déplacer des « noisettes » entre différentes zones de stockage pour aider la petite bête à reconstituer ses réserves. Concrètement, cela mobilise toutes les compétences classiques d’un robot mobile autonome : navigation, localisation, planification de trajectoires, préhension et coordination avec un partenaire.

Félix, arbitre de la compétition, le résume au micro d’Alouette : « Les robots doivent, de façon autonome, faire des actions pendant cent secondes. Cette année, il faut déplacer des denrées dans des zones de stockage pour aider les écureuils. » Le tout sans aucune intervention humaine une fois le match lancé.

Trois compétitions imbriquées, un même festival

L’événement est co-organisé par l’association Planète Sciences et la société Oryon, dans le cadre du festival We R Tech. Il regroupe en réalité trois compétitions : la Coupe de France de robotique sénior, sa version junior, et la finale internationale Eurobot, qui réunit les meilleures équipes européennes.

Les équipes comptent entre cinq et trente-cinq participants. Côté seniors, on retrouve essentiellement des écoles d’ingénieurs comme l’ENSEA (École Nationale Supérieure de l’Électronique et de ses Applications), dont les étudiants viennent défendre les couleurs de leur association technique. Côté juniors, le profil est plus large : collégiens, lycéens, parfois encadrés par leurs parents ou leurs enseignants.

Un vivier d’ingénieurs en herbe, de 7 à 35 ans

Le casting des participants raconte beaucoup de la robotique amateur en France. Damiano, 15 ans, intègre l’équipe des Frosted Nook avec l’établissement Les Ingéniaux. « C’est la troisième fois que je viens mais ça fait quatre ans que l’établissement participe », confie-t-il. Pour lui, c’est même devenu un rendez-vous familial : son père encadre l’équipe et l’a poussé à s’inscrire.

L’âge des participants s’étend de 7 à 35 ans, ce qui en fait un des rares événements en France où collégiens, étudiants ingénieurs et amateurs adultes manipulent les mêmes briques techniques : microcontrôleurs ESP32 ou Raspberry Pi, capteurs ToF, moteurs pas-à-pas, code embarqué en C++ ou MicroPython. Alice Magisson, bénévole chez Planète Sciences depuis onze ans, supervise l’homologation : chaque robot doit respecter un cahier des charges précis (gabarit, poids, sécurité) avant de pouvoir entrer en piste.

Pourquoi ça compte

Dans un contexte où la France pèse 33 700 robots industriels installés contre plus de 216 800 pour l’Allemagne, ce type d’événement reste l’une des rares passerelles concrètes entre l’école et les métiers de la robotique. Sur le ring des Oudairies, les équipes ne forment pas juste des roboticiens : elles forment des chefs de projet, des mécaniciens, des développeurs embarqués et des intégrateurs. Soit exactement les profils que cherchent les industriels français, des PME comme Stäubli aux startups comme Korben Robotique.

Pour Alexis, étudiant à l’ENSEA, le message est limpide : « C’est une super expérience. Des familles entières participent, que ce soit des petits ou des grands. » À l’heure où le gouvernement vient de lancer un plan robotique pour rattraper le retard industriel, c’est sans doute la meilleure pépinière dont dispose le pays. Les résultats officiels de cette 32e édition seront publiés dans les heures qui viennent par Planète Sciences sur le site coupederobotique.fr.

Sources : Alouette, coupederobotique.fr, Ouest-France maville