La Grèce entre dans la course aux humanoïdes industriels. La startup athénienne Axl Imperial a dévoilé MARK One, présenté comme le premier robot humanoïde industriel conçu et fabriqué en Grèce, en avant-première de l’Automation & Robotics Expo 2026 d’Athènes (25-27 avril).
Le robot a été présenté à la presse grecque par le quotidien Kathimerini, avant son baptême public sur le salon. Il combine mobilité autonome et bras manipulateurs pour exécuter des tâches industrielles précises : palettisation, alimentation de machines-outils, contrôle qualité et manutention de matières.
Un humanoïde mobile, pas un bras fixe
« Ce qui me distingue, c’est que je combine un déplacement autonome avec la capacité d’exécuter des tâches avec mes deux bras », a fait dire ses concepteurs au robot lors de la démonstration, ajoutant : « Je suis un robot, mais cela ne veut pas dire que je dois être ennuyeux. » Une formulation qui résume l’angle d’attaque d’Axl Imperial : se positionner sur le segment des humanoïdes mobiles plutôt que des bras articulés fixes qui dominent encore l’industrie européenne.
Konstantinos Gouliaris, dirigeant d’Axl Imperial, le décrit comme « un travailleur industriel » capable d’absorber des tâches répétitives ou dangereuses. La différence-clé selon lui : contrairement aux systèmes fixes, MARK One se déplace, s’adapte et collabore directement sur la chaîne de production.
Doigts dextres, caméras, voix : la pile « physical AI »
Le robot embarque des doigts dextres, des caméras et une interaction vocale. Selon ses concepteurs, il représente le passage à la « physical AI », l’intelligence artificielle incarnée dans une machine qui interagit physiquement avec son environnement industriel. La logique rejoint celle des projets chinois et américains comme Figure 03, Optimus ou les humanoïdes d’Agibot, à un autre étage de maturité.
Détail notable : MARK One est construit en grande partie avec des composants nationaux. Pour un pays qui n’avait pas, jusqu’ici, de filière humanoïde, c’est un signal industriel autant que technologique.
Premier déploiement chez KAFEA TERRA cet été
Le calendrier industriel est posé. Le robot doit commencer à travailler cet été dans l’usine de KAFEA TERRA, un torréfacteur grec qui jouera le rôle de site pilote. Les ingénieurs prévoient d’ajouter ensuite des commandes vocales et, à terme, une initiative limitée pour positionner MARK One « comme un collaborateur, pas un remplaçant ». La prudence du discours est partagée par la plupart des acteurs européens, soucieux d’éviter le terrain glissant de la substitution d’emplois.
Pourquoi la Grèce arrive maintenant
L’arrivée d’Axl Imperial s’inscrit dans une dynamique grecque plus large autour de l’IA et de la fabrication avancée. Athènes a multiplié ces derniers mois les annonces : programme d’aide de 150 millions d’euros pour les PME sur l’IA, partenariats Nvidia avec Chypre, et un Automation & Robotics Expo qui prend de l’ampleur.
MARK One ne joue pas dans la même cour qu’Optimus ou les humanoïdes Unitree, ni en volume ni en spécifications publiées. Mais l’objectif d’Axl Imperial est ailleurs : amener un humanoïde mobile chez des industriels grecs et sud-européens qui ne pouvaient pas, jusqu’ici, s’adresser à un fournisseur local. Sur ce créneau, l’avance des acteurs chinois et américains sur les marchés export laisse de la place pour des champions régionaux capables de livrer du service de proximité, du SAV en grec et une réactivité qu’un constructeur asiatique aura plus de mal à offrir.
Reste à voir si le pilote chez KAFEA TERRA se traduit par des commandes au-delà de quelques unités de démonstration. C’est sur cette marche, la transition du salon à l’usine, que la plupart des humanoïdes industriels trébuchent encore.
