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Le créateur de VLC lance Kyber, une infrastructure ouverte pour piloter des flottes de robots à distance

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Jean-Baptiste Kempf, le créateur du lecteur multimédia VLC, s’attaque à un nouveau terrain : le pilotage à distance de flottes de robots. Sa startup parisienne, Kyber, a levé 5 millions de dollars pour bâtir une infrastructure ouverte capable de contrôler en temps réel des robots, des drones et des équipements connectés, à l’échelle de millions d’unités.

La recette VLC appliquée à la robotique

VLC a été téléchargé plus de 6 milliards de fois en restant gratuit et open source. Kempf applique la même logique à un problème d’infrastructure très différent. Kyber propose un SDK qui synchronise flux vidéo, audio, données de capteurs et commandes de contrôle avec une latence minimale. La couche de base reste ouverte, une version commerciale vise les entreprises.

Le modèle économique reproduit ce que le fondateur connaît bien : diffusion large via l’open source, monétisation sur les déploiements complexes. Kyber va plus loin en plaçant des ingénieurs directement chez ses clients, une approche popularisée par Palantir dans l’analytique de données. Sur les 25 salariés actuels, une grande partie travaille sur ces missions de terrain, depuis des bureaux à Paris, San Francisco et Singapour.

Un enjeu de souveraineté technique

Aujourd’hui, les entreprises qui ont besoin de contrôle à distance à grande échelle construisent leurs propres solutions propriétaires, qu’elles ne partagent jamais. Kempf le formule sans détour : selon lui, beaucoup ont passé des années et des dizaines de millions à développer du sur-mesure qui ne sortira jamais de leurs murs, là où Kyber veut fournir la version que tout le monde peut utiliser.

L’argument touche un point sensible de l’IA physique. Robots de livraison, drones industriels, accès informatique distant : si Kyber tient sa promesse, une brique critique de ces usages reposerait sur une base ouverte plutôt que sur des silos fermés. Les premiers clients se trouvent déjà dans la défense et les télécoms.

Des zones d’ombre à surveiller

Le tableau comporte des réserves. Le modèle à double licence, open source d’un côté et commercial de l’autre, peut dériver vers une restriction progressive de la couche ouverte sous la pression des investisseurs. Les clients issus de la défense soulèvent aussi des questions sur les usages de contrôle à distance hors cadre civil. Pour l’instant, l’entreprise communique peu sur les volumes et les cas d’usage précis. Reste à voir si la promesse d’ouverture tiendra dans la durée, une fois les premiers contrats déployés.