Industrie

Le PDG de Palantir étrille le modèle de tokens d’OpenAI et Anthropic : « quelque chose a déraillé »

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le patron de Palantir n’a pas mâché ses mots. Alex Karp a étrillé mercredi le modèle de tarification à base de tokens utilisé par OpenAI et Anthropic, estimant que la flambée des coûts laisse les entreprises frustrées. Sa formule : quelque chose a complètement déraillé.

La charge contre le « tokenmaxxing »

« Je ne leur jette pas la pierre, mais quelque chose a complètement déraillé », a lancé Alex Karp sur le plateau de « Squawk Box », sur CNBC. Selon lui, l’état d’esprit dominant chez les entreprises américaines est devenu : « Je vais me détendre et perdre mon temps avec des tokens, je n’obtiendrai aucune valeur, et eux récupéreront ma propriété intellectuelle. »

Le contexte lui donne des arguments. Les coûts de l’IA grimpent, et les nouveaux modèles se révèlent souvent plus chers que leurs prédécesseurs. Karp qualifie de « tokenmaxxing » cette course à la facturation au token, qu’il oppose à des modèles économiques centrés sur le retour sur investissement.

Le report vers les modèles open-weight

Cette dérive pousse, selon lui, certaines entreprises vers les modèles à poids ouverts (open-weight), capables d’accomplir des tâches similaires pour une fraction du coût. Un basculement d’autant plus notable que les laboratoires chinois accélèrent et rattrapent les développeurs américains de frontière. Karp a d’ailleurs prévenu qu’il ne fallait pas sous-estimer le rythme des progrès chinois.

Beaucoup d’entreprises délaissent les systèmes d’IA généralistes au profit d’outils propriétaires plus efficaces, construits en interne. Karp positionne les modèles open-weight, comme ceux que Palantir utilise en partenariat avec Nvidia, en solution pour les dirigeants lassés des laboratoires d’IA actuels.

Un manifeste sur la « souveraineté IA »

Ces déclarations ne tombent pas par hasard. Elles suivent l’annonce d’un partenariat élargi entre Palantir et Nvidia pour construire des modèles d’IA sur mesure destinés aux agences gouvernementales américaines. Avant l’interview, Palantir avait aussi publié sur X un manifeste en neuf points sur l’importance de la « souveraineté IA », critiquant le tokenmaxxing et appelant les entreprises à garder la maîtrise de leurs données.

« Ce qui m’aligne avec Nvidia, et ce que veulent les clients techniques, c’est le contrôle de leur puissance de calcul, de leurs modèles, de leur pile de données et de leur avantage concurrentiel », a résumé Karp. « Ils veulent être sûrs de posséder leurs moyens de production. » Une pique de plus dans la bataille qui oppose les tenants des modèles fermés propriétaires aux partisans d’une IA que les entreprises maîtrisent de bout en bout.

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