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Atlas livre la balle au Mondial 2026 : Boston Dynamics et Hyundai réalisent une première dans l’histoire du football

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Un humanoïde de deux mètres traverse la pelouse sous les projecteurs du stade, reproduit les célébrations de quatre footballeurs professionnels, puis remet le ballon officiel à l’arbitre. Devant 80 000 spectateurs et une audience mondiale : c’est ce qui s’est passé samedi 5 juillet 2026, à la mi-temps du match Brésil-Norvège, lors des huitièmes de finale de la Coupe du Monde FIFA 2026 au stade de New York/New Jersey.

Le robot s’appelle Atlas. Il est fabriqué par Boston Dynamics, filiale de Hyundai Motor. Sa prestation marque la première intégration d’un humanoïde dans un match de Coupe du Monde en conditions réelles.

Atlas robot humanoïde Boston Dynamics remet la balle lors du Mondial FIFA 2026
Illustration RoboActu

Cinq ans de travail pour deux minutes de pelouse

Hyundai Motor est Partenaire Officiel Robotique du tournoi. La compagnie sponsorise la FIFA depuis 27 ans. Cette activation n’est pas sortie de nulle part : Alberto Rodriguez, directeur du comportement robotique chez Boston Dynamics, indique que cinq ans de préparation ont été nécessaires.

Atlas 5e génération est entièrement électrique. Il dispose de 56 degrés de liberté, affiche une portée de 2,3 mètres et peut soulever jusqu’à 50 kg. Il peut recharger ses batteries en autonomie, sans interrompre son travail.

Au coup de sifflet de la mi-temps, Atlas a successivement reproduit les célébrations de Harry Kane, Erling Haaland, Matheus Cunha et Son Heung-min, avant de remettre le ballon officiel à l’arbitre. C’est aussi la première démonstration publique de la version de production d’Atlas, présentée pour la première fois au CES 2026.

Entraîné, pas programmé

Ce qui distingue Atlas de ses prédécesseurs est la façon dont il apprend. Rodriguez est direct : « Il était programmé. Maintenant, il ne l’est plus. Il apprend. » Le principe s’apparente à celui des grands modèles de langage : exposition à des données, simulation, puis adaptation.

Concrètement, les ingénieurs ont d’abord filmé des footballeurs professionnels. Ils ont enregistré leurs propres gestes avec des combinaisons de capture de mouvement. Ces données ont alimenté une simulation physique dans le cloud : Atlas y a répété les mêmes actions des millions de fois en parallèle sur des GPU. Ce qui nécessiterait environ un an d’entraînement physique pour un athlète humain, Atlas l’a intégré en 24 heures.

La pelouse a posé des défis inattendus. « Le gazon a cette propriété intéressante : parfois on glisse, parfois les pieds s’accrochent dedans », note Rodriguez. Les ingénieurs ont délibérément perturbé les simulations en changeant la friction sans prévenir, en indiquant au robot une position de ballon incorrecte ou en lui donnant de fausses informations sur la taille de ses propres pieds. L’objectif : forcer Atlas à s’adapter, pas seulement à exécuter une séquence figée.

Un message qui dépasse le stade

Pour Sungwon Jee, directeur marketing mondial de Hyundai Motor, la remise du ballon n’était pas un simple spectacle. « En plaçant Atlas au coeur du rituel le plus sacré du football, nous avons fait une déclaration qu’aucune publicité n’aurait pu réaliser. C’est le moment où Atlas entre dans la conscience publique pour la première fois. »

Derrière la démonstration, Hyundai accélère le déploiement industriel de son humanoïde. L’objectif affiché est le travail en usine sur des tâches physiques intensives, en complément des 30 000 voitures assemblées avec Figure 02 chez BMW en 2025. Deutsche Bank estime que les livraisons mondiales d’humanoïdes pourraient approcher 50 000 unités en 2026, contre 17 500 l’an passé. Le Mondial FIFA aura offert à Atlas sa plus grande scène jusqu’ici.

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