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Gradium lève 100 millions de dollars avec NVIDIA pour ses modèles de voix IA ultra-rapides, depuis Paris

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Gradium, une startup fondée à Paris, vient de boucler la réouverture de son tour de financement seed pour atteindre 100 millions de dollars au total. NVIDIA figure parmi les nouveaux investisseurs. L’entreprise développe des modèles de voix IA conçus pour répondre en temps quasi instantané, sans le délai perceptible qui bride encore la plupart des assistants vocaux.

Zero latence, la promesse qui fédère les investisseurs

Le problème que Gradium cherche à résoudre est connu de quiconque a tenté une conversation naturelle avec un assistant IA. La pause entre la fin d’une phrase et la réponse du système casse le rythme et trahit la nature artificielle de l’échange. Gradium travaille sur des modèles audio natifs capables de traiter la voix sans passer par une transcription texte intermédiaire. Résultat : des réponses plus rapides et une meilleure restitution des caractéristiques vocales, tonalité, rythme, intonation.

L’intérêt de NVIDIA pour Gradium n’est pas anodin. Le fabricant de puces positionne ses GPU comme l’infrastructure de référence pour l’inférence IA en temps réel. Investir dans une startup qui pousse les limites de la latence vocale, c’est aussi valider un cas d’usage consommateur de puissance de calcul sur ses propres cartes.

Des racines françaises solides

Gradium n’est pas sortie de nulle part. La startup a été fondée par Neil Zeghidour, chercheur passé par Google Brain, Google DeepMind et Meta AI, en lien avec le laboratoire français Kyutai. Ce lab de recherche, financé par le milliardaire des télécommunications Xavier Niel, a été pensé depuis le début comme un incubateur de startups deep tech avec une orientation open source. Kyutai avait publié des travaux sur la voix IA avant que Gradium ne se crée pour commercialiser ces recherches.

Le tour seed initial, bouclé en décembre 2025, avait réuni 70 millions de dollars auprès de FirstMark Capital, Eurazeo, DST Global Partners, Eric Schmidt et Xavier Niel. La réouverture du tour à NVIDIA porte le total à 100 millions et marque l’entrée d’un partenaire stratégique majeur au capital.

Un marché ultracompétitif

Gradium s’installe dans un segment très disputé. ElevenLabs, son concurrent américain le plus visible, a levé 500 millions de dollars en février à une valorisation de 11 milliards de dollars. Google Gemini intègre des capacités vocales avancées directement dans ses modèles. OpenAI propose GPT-5.6 avec des fonctionnalités audio enrichies. Gradium mise sur deux différenciateurs : la latence, qu’elle veut meilleure que celle de ses concurrents, et une approche multilingue adaptée aux marchés européens.

La startup ouvre un bureau à San Francisco pour recruter des talents et se rapprocher de l’écosystème Anthropic, Google, Meta et OpenAI. Ses premiers clients incluent Renault, qui utilise ses modèles pour des interfaces vocales dans des applications automobiles. Le défi de Gradium sera de tenir son avantage technique dans un secteur où les modèles de fondation des géants américains et chinois progressent très vite.

Concrètement, le financement va accélérer le développement de nouveaux modèles audio et financer l’expansion commerciale en Europe et aux Etats-Unis. Paris reste le centre de recherche, tandis que San Francisco servira de tête de pont pour les ventes et les partenariats.