Sur une place publique de Shanghai, un robot humanoïde enchaîne des backflips et des grands écarts. Quelques secondes plus tard, il repasse en mode patrouille de sécurité, identifiant avec précision les personnes non autorisées. Cette double démonstration, à la fois spectaculaire et fonctionnelle, résume l’ambition de la métropole chinoise : faire de la robotique le coeur de son développement économique pour la décennie à venir.
La ville de Shanghai a formalisé cette ambition dans son 15e Plan quinquennal 2026-2030, qui désigne explicitement l’IA incarnée comme un nouveau moteur de croissance économique. L’objectif : élargir les applications robotiques, développer l’interconnexion des équipements et accélérer la numérisation des processus de production.

Un écosystème déjà dense
Shanghai ne part pas de zéro. La Chine comptait plus de 140 fabricants de robots humanoïdes en 2025, avec 14 400 unités expédiées sur l’année. Dans le 15e Plan quinquennal national, l’IA incarnée a été listée aux côtés des puces avancées et de l’informatique quantique comme secteur stratégique prioritaire. Shanghai entend profiter de ce soutien pour consolider sa position de capitale de la robotique mondiale.
Les applications se multiplient sur le terrain. Les robots humanoïdes testés dans la métropole passent d’un rôle d’animation publique à des missions concrètes de sécurité : patrouilles autonomes, reconnaissance de visages, détection d’intrusions. Cette progression vers des usages opérationnels est au centre de la stratégie industrielle de la ville.
La course mondiale s’accélère
Shanghai n’est pas seule dans la course. Pékin, Shenzhen et d’autres métropoles chinoises lancent leurs propres programmes. Mais Shanghai dispose d’atouts distincts : une concentration de talents technologiques, une proximité avec les grandes chaînes de fabrication électronique et une tradition d’innovation dans les secteurs automobiles et industriels.
A l’international, la pression monte. Les Etats-Unis ont récemment commencé à s’interroger sur les risques que représente la domination chinoise en robotique humanoïde pour la sécurité industrielle et nationale, selon plusieurs rapports publiés au premier semestre 2026. Washington envisage des restrictions à l’exportation et des politiques d’achat préférentiel. Shanghai, de son côté, continue d’avancer.
Le pari est clair : transformer les démonstrations de backflips en avantage industriel durable. Résultat dans cinq ans.