Un robot quadrupède de la startup chinoise DEEP Robotics patrouille désormais dans la plus grande centrale nucléaire de Suisse. La solution d’inspection intelligente développée par l’entreprise de Hangzhou vient d’être déployée à la centrale de Leibstadt, dans le canton d’Argovie, la plus puissante du pays avec 1 220 MW de capacité installée.
Une inspection nucléaire confiée à un robot chinois
DEEP Robotics a confirmé le déploiement à la centrale de Leibstadt dans un communiqué relayé ce dimanche 26 juillet 2026 par le Global Times. Le robot opère de façon autonome dans les zones d’inspection, effectuant des rondes régulières dans des espaces que les humains préfèrent éviter pour des raisons de sécurité radiologique.
Concrètement, le robot quadrupède de DEEP Robotics se déplace sur ses quatre membres articulés pour accéder à des zones difficiles, surveille les équipements en temps réel grâce à ses capteurs embarqués et remonte les données aux opérateurs. La centrale de Leibstadt produit environ 10 % de l’électricité suisse chaque année.
La robotique chinoise s’installe en Europe
Ce déploiement n’est pas un cas isolé. DEEP Robotics avait présenté au WAIC 2026 à Shanghai, début juillet, une gamme complète de robots : humanoïdes, à roues-pattes et quadrupèdes. L’entreprise se positionne sur six secteurs industriels, dont l’énergie, la pétrochimie, les mines et les grandes infrastructures.
Les données confirment l’accélération de l’export. Les exportations de robotique chinoise ont atteint 6,29 milliards de yuans (environ 929 millions de dollars) sur les six premiers mois de 2026, couvrant 141 pays et régions. Les robots chirurgicaux haut de gamme ont vu leurs exportations tripler sur la même période.
Pourquoi ce déploiement compte
Les centrales nucléaires ont des besoins très spécifiques : rondes d’inspection dans des zones à risque, maintenance préventive, surveillance continue d’équipements critiques. Les robots quadrupèdes sont particulièrement adaptés à ces environnements : ils franchissent les obstacles, montent les escaliers et gardent leur équilibre sur des sols irréguliers, là où les robots sur roues échouent.
Que ce soit DEEP Robotics à Leibstadt, Boston Dynamics chez BP ou ANYbotics dans les raffineries européennes, les robots d’inspection industrielle s’imposent progressivement dans l’énergie. La Chine, longtemps perçue comme suiveuse en robotique de précision, signe ici un contrat en Europe dans l’un des secteurs les plus exigeants qui soit.
DEEP Robotics décrit sa solution comme une « réponse chinoise pour la mise à niveau numérique et intelligente du nucléaire européen ». La formule est volontiers politique. Le déploiement, lui, est bien réel.
