AgiBot (Zhiyuan Robotics) a officiellement lancé son processus d’introduction en bourse à la Bourse de Hong Kong. La startup shanghaïenne, fondée il y a un peu plus de trois ans par d’anciens ingénieurs de Huawei, rejoint une liste croissante d’entreprises chinoises d’IA embarquée qui cherchent à se financer sur les marchés publics. Elle devient l’une des premières sociétés de robotique humanoïde pure-play à franchir cette étape.
15 000 robots déployés en trois ans
La trajectoire d’AgiBot est remarquable pour une entreprise aussi jeune. Depuis sa création, la société a levé plusieurs centaines de millions de yuans – les séries A1 et A2 se rapprochent du milliard de yuans au total. Ses investisseurs comptent Tencent parmi les noms les plus visibles, aux côtés d’autres fonds stratégiques.
En juin 2026, AgiBot avait déployé 15 000 robots d’intelligence incarnée sur le terrain. Ses gammes couvrent trois lignes de produits – Yuanzheng, Lingxi et Jingling – dans une approche « full-stack » qui intègre hardware, software et couche d’IA dans un seul écosystème. L’objectif affiché pour 2026 : atteindre « plusieurs fois » les volumes actuels. Ses déploiements se concentrent sur les environnements industriels les plus exigeants : fabrication électronique (secteur 3C) et lignes de production.
Hong Kong, place de choix pour la robotique chinoise
Le choix de Hong Kong est stratégique. La place financière de la Région administrative spéciale s’est positionnée activement ces derniers mois pour attirer les entreprises d’IA et de robotique qui ne peuvent ou ne veulent pas se lister en Chine continentale, et qui évitent Wall Street dans un contexte de restrictions américaines croissantes sur les capitaux investis dans la tech chinoise.
AgiBot n’est pas seule dans cette démarche. Unitree Robotics, fabricant des quadrupèdes Go1 et Go2 ainsi que des humanoïdes G1 et H1, a de son côté obtenu le feu vert réglementaire pour une introduction à Shanghai, visant environ 619 millions de dollars. La simultanéité de ces deux IPO – sur deux places différentes – révèle l’appétit des marchés pour les acteurs chinois de la robotique humanoïde alors que le secteur entre dans sa phase de déploiement industriel.
Un modèle issu de l’école Huawei
Ce qui distingue AgiBot de nombreux concurrents, c’est son ADN. Fondée par des ingénieurs issus de l’écosystème Huawei, la société a intégré dès le départ les contraintes de la chaîne d’approvisionnement et les réalités géopolitiques du secteur tech. Sa philosophie : construire des robots capables de comprendre, de communiquer et d’agir dans un environnement physique complexe, en intégrant verticalement l’ensemble de la pile technologique.
L’introduction en bourse à Hong Kong, si elle aboutit, permettra à AgiBot d’accélérer sa recherche, d’étendre ses capacités de production et de se positionner sur les marchés industriels internationaux. Elle sera aussi un test de confiance des investisseurs institutionnels dans une industrie encore jeune, mais dont la croissance s’emballe à une vitesse sans précédent.


