Un trio de mathématiciens vient d’invalider la conjecture de Maxwell, un problème ouvert depuis 1873. L’idée clé du contre-exemple a été suggérée par GPT-5.6 Sol, le dernier modèle d’OpenAI. C’est la première fois qu’une IA contribue directement à la résolution d’une conjecture mathématique centenaire.

Ce que dit la conjecture de Maxwell
En 1873, James Clerk Maxwell remarque dans son traité sur l’électricité et le magnétisme que le nombre de points d’équilibre entre des charges électriques semble plafonner. Si vous placez n charges dans l’espace, les forces qu’elles exercent s’annulent en certains points particuliers. Maxwell observe que ce nombre semble borné par (n-1)².
Le problème est formalisé en conjecture mathématique rigoureuse en 2007 par Alexandre Gabrielov, Dmitry Novikov et Boris Shapiro. Depuis, les mathématiciens cherchent soit à le prouver, soit à trouver un contre-exemple. Personne n’y parvient pendant 19 ans.
L’IA suggère le contre-exemple
Philip Arathoon (Babson College), Gavin Ball (Université du Missouri) et Matthew D. Kvalheim (UMBC) publient le 29 juillet 2026 sur arXiv une note de quatre pages intitulée « The Maxwell Conjecture is False ». Le papier est court, mais l’impact est majeur : la conjecture est fausse.
Le détail qui change tout : l’idée centrale du contre-exemple a été suggérée par GPT-5.6 Sol. Les auteurs l’indiquent explicitement dans leur papier. Traduction : « L’idée derrière cette construction a été suggérée par un LLM (le GPT-5.6 Sol d’OpenAI). Les auteurs ont vérifié les détails mathématiques et ont rédigé l’argument dans leurs propres mots. »
Greg Brockman, co-fondateur d’OpenAI, a réagi sur X : « GPT-5.6 Sol pour résoudre des conjectures vieilles de plus de 100 ans. Il est fascinant que ce niveau d’intelligence soit accessible à tous. »
Ce que cela signifie pour l’IA en mathématiques
Ce n’est pas la première fois qu’un LLM aide en mathématiques. Mais c’est l’une des contributions les plus nettes à ce jour. GPT-5.6 Sol n’a pas vérifié un calcul ni expliqué un concept. Il a proposé une structure de contre-exemple que des experts humains n’avaient pas trouvée en deux décennies.
Les chercheurs soulignent que les LLM ne cherchent pas l’élégance comme le font les mathématiciens humains. C’est un avantage : des preuves longues mais correctes, des contre-exemples inhabituels, des configurations que personne n’aurait pensé à essayer. L’IA explore l’espace des possibles différemment.
La question qui émerge : combien de conjectures ouvertes pourraient tomber avec cette approche collaborative humain-IA ? Les mathématiciens ont désormais un outil supplémentaire. Pas un remplaçant, mais un partenaire de recherche capable de suggérer des idées inattendues.
Le papier est disponible sur arXiv sous la référence 2607.27197. En quelques heures sur Hacker News, le fil de discussion a généré plusieurs centaines de commentaires, signe que la communauté scientifique suit de près.