Uber construit son empire du véhicule autonome avec 30 partenaires : robotaxis à Munich, camions sans chauffeur et flottes européennes

Flotte de vehicules autonomes Uber pour programme robotaxi a Munich

Uber a passé les deux dernières années à construire discrètement le plus grand réseau de partenariats dans le secteur des véhicules autonomes. Plus de 30 alliances, des investissements directs au capital, et une présence sur trois continents. TechCrunch a publié le 1er août un tableau de bord complet de chaque mouvement. La conclusion : Uber ne construira pas ses propres voitures autonomes. Il sera la plateforme sur laquelle elles circuleront.

De la honte de 2018 à la stratégie de plateforme

Il faut remonter à 2018 pour comprendre le retour d’Uber dans ce marché. Cette année-là, une Volvo XC90 en mode autonome d’Uber a tué une piétonne à Tempe, Arizona. Le conducteur de sécurité à bord ne regardait pas. Uber a suspendu ses tests, vendu sa division Uber ATG à Aurora en 2020, et abandonné ses ambitions de constructeur de technologie autonome.

Deux ans plus tard, l’entreprise est revenue avec une philosophie différente. Plus de R&D interne sur la conduite autonome. Un pari sur la distribution : être la plateforme qui connecte les flottes autonomes aux passagers et aux marchandises. Depuis 2022, le débit de partenariats s’est accéléré.

Aurora, Autobrains, Munich : le portefeuille 2026

L’alliance la plus ancienne reste celle avec Aurora. Uber possède encore 19,7 % du capital (325 millions d’actions classe A). Via Uber Freight, des camions Aurora effectuent des allers-retours Dallas-Houston sans chauffeur depuis mai 2025, sur la plateforme Uber Freight.

La nouveauté la plus fraîche est celle d’Autobrains. En juin 2026, Uber et cette entreprise israélienne ont annoncé un programme de robotaxis à Munich, en attente d’approbation réglementaire. Le véhicule n’a pas encore été précisé, le modèle se voulant OEM-agnostique : les véhicules seront équipés du système de conduite agentique d’Autobrains, qui tourne sur la plateforme Nvidia Drive Hyperion. Les robotaxis seront accessibles via l’application Uber. C’est le premier déploiement urbain européen majeur dans le pipeline d’Uber.

Avomo, anciennement Moove Cars, est un autre partenaire clé en Europe. Uber y détient 30 % du capital. Côté États-Unis, la collaboration avec May Mobility vise le déploiement de « milliers de véhicules autonomes » dans les prochaines années. À ce jour, Arlington au Texas reste le seul marché actif. Mercedes-Benz et Nvidia construisent aussi un écosystème de robotaxis avec des Classe S, disponible sur la plateforme Uber.

Le pari de la plateforme : moins risqué, potentiellement plus rentable

La logique commerciale est claire. Uber capte de la valeur sans supporter les coûts de R&D et les risques réglementaires liés aux véhicules eux-mêmes. Chaque partenaire construit sa technologie, Uber fournit la demande et le réseau de distribution. En cas d’accident ou de retrait réglementaire d’un partenaire, Uber peut pivoter vers un autre sans avoir à effacer des années de développement.

Avec 30+ partenaires actifs, Uber est désormais le principal agrégateur du secteur AV mondial. Munich sera un test clé : c’est le premier marché européen urbain dense pour un robotaxi Uber, dans un contexte réglementaire historiquement plus complexe qu’aux États-Unis. Le résultat donnera une indication sur la vitesse à laquelle la stratégie de plateforme peut s’étendre hors Amérique du Nord.

Le briefing RoboActu

L’essentiel de la robotique, une fois par semaine.

Une sélection courte des annonces, usages et robots à suivre.

Continuer sur ce sujet

Comparer les robots