New York bloque les robots humanoïdes dans les classes : le pilote Realbotix suspendu à 57 000 dollars

Robot humanoide Realbotix M-Series Optio dans une salle de classe americaine

Une école de l’État de New York devait accueillir cet automne un robot humanoïde de 1,57 mètre, doté d’une peau en silicone et de cheveux longs. Le projet est suspendu. Une sénatrice d’État vient d’introduire un projet de loi pour interdire ce type de machine dans toutes les salles de classe de l’État.

Optio, le robot enseignant à 57 000 dollars

Le Salamanca City Central School District, dans l’ouest de l’État de New York, sur le territoire de la Nation Sénèque, avait signé un contrat avec la société Realbotix pour un montant de 57 590 dollars. Le package comprenait une plateforme logicielle appelée Optio, une assistante IA éducative, et un exemplaire physique du robot M-Series de Realbotix, dont le prix catalogue démarre à 95 000 dollars. Le district a donc obtenu une remise significative.

La machine en question est stationnaire : elle ne se déplace pas dans la salle. Sa peau en silicone et ses expressions faciales programmées lui donnent une apparence humaine délibérée. Elle était destinée aux cours d’IA et de robotique dans le cadre du programme Woz ED. Le district avait initialement présenté le projet comme un outil d’aide aux enseignants, en insistant sur le fait que le robot ne les remplacerait pas.

Realbotix M-Series humanoid robot Optio in classroom educational setting
Illustration RoboActu

Une sénatrice introduit un projet de loi d’interdiction

C’est un projet de loi qui a tout changé. La sénatrice new-yorkaise Shelley Mayer a déposé la semaine dernière un texte visant à interdire les robots humanoïdes dans un rôle pédagogique dans tout l’État. Sa justification est directe : « Ces robots ont le potentiel de créer des attachements émotionnels inappropriés chez les élèves. Ils ne pourront jamais remplacer la connaissance, la compassion et le lien humain que nos enseignants apportent. »

Mayer ne nie pas que la technologie puisse être utile, mais elle estime que son usage en classe dépasse une ligne. La ville de Rye, qui représente dans la circonscription, a confirmé qu’elle ne prévoyait pas d’introduire de robots humanoïdes dans ses propres établissements.

Le district suspend, mais ne renonce pas

Le 24 juillet, le Salamanca City Central School District a officiellement mis le projet en pause. La direction cite deux raisons : des accords de confidentialité sur les données des élèves à finaliser avec le département d’éducation de l’État, et la nécessité d’un dialogue élargi avec la communauté. Aucune nouvelle date de lancement n’a été communiquée.

L’affaire met en lumière un débat qui prend de l’ampleur dans plusieurs pays : jusqu’où peut-on aller dans l’introduction de robots à apparence humaine dans des environnements scolaires ? Les questions de vie privée, de manipulation émotionnelle potentielle et de remplacement symbolique des enseignants n’ont pas encore de réponses législatives claires. New York est l’un des premiers États à vouloir en fixer.

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