X Square trie 1 816 colis en une heure avec deux bras robotisés

Deux bras robotisés trient des colis sur une ligne logistique
Illustration générée par RoboActu d’un poste robotisé de tri de colis.

X Square Robot affirme avoir franchi un seuil opérationnel dans le tri logistique robotisé. Le 12 août, l’entreprise de Shenzhen a présenté en direct un poste à deux bras capable de traiter 1 816 colis en une heure, avec une précision annoncée supérieure à 98 %.

La démonstration, rapportée par Southcn, portait sur des colis réels, mélangés par taille, poids, forme et matériau. Le robot devait non seulement déplacer les paquets, mais aussi ajuster certains objets pour rendre l’étiquette plus lisible en aval. C’est un détail important : dans un centre de tri, la difficulté n’est pas seulement de saisir un carton régulier, mais de gérer des enveloppes souples, des sacs pliés, des objets légers et des charges plus lourdes sans intervention humaine permanente.

Un poste de tri pensé pour l’entrepôt

Le système montré par X Square repose sur deux bras équipés de pinces simples. Selon Southcn, le poste a terminé la séquence à une cadence moyenne proche de deux secondes par cycle complet de prise et de dépôt. L’article indique aussi que le robot a choisi différentes stratégies selon l’objet : prise directe pour les petits colis, poussée latérale ou coopération des deux bras pour les charges plus massives, puis remise à plat pour certains emballages souples.

La société met en avant WALL-B, son modèle d’intelligence incarnée, comme le cœur décisionnel de la démonstration. X Square l’avait présenté au printemps comme un modèle de base pour comprendre le monde physique et produire des actions. Dans ce test, l’intérêt éditorial n’est pas le vocabulaire de modèle, mais la contrainte industrielle : le robot doit rester utile avec des pinces robustes, moins coûteuses et plus faciles à maintenir que des mains humanoïdes complexes.

Pourquoi le chiffre compte

Un débit de 1 816 colis par heure ne suffit pas à prouver une exploitation commerciale à grande échelle. Il donne toutefois un repère concret dans un secteur où beaucoup de vidéos de robots restent difficiles à comparer. Gasgoo replace cette course dans un mouvement plus large : les entrepôts deviennent un terrain d’essai privilégié pour l’intelligence incarnée, car les tâches y sont répétitives, mesurables et suffisamment variées pour éprouver la perception et la manipulation.

Cette orientation distingue X Square de la communication centrée sur les humanoïdes généralistes. Le poste présenté ne cherche pas à imiter un opérateur humain complet. Il cible un goulot précis de la chaîne logistique, avec une architecture qui pourrait théoriquement s’insérer dans une ligne existante sans refondre tout l’entrepôt. C’est souvent par ces tâches bornées que la robotique physique progresse le plus vite : un environnement réel, un indicateur de performance clair, puis des itérations sur la robustesse.

Notre analyse

Le point à surveiller sera la reproductibilité. Une heure de direct donne un signal plus fort qu’une vidéo montée, mais il faudra connaître la durée cumulée, le taux d’erreurs selon les types de colis, les arrêts, les interventions humaines, le coût total du poste et son intégration aux scanners ou convoyeurs industriels. X Square affirme déjà travailler avec des acteurs logistiques chinois ; c’est sur des déploiements continus, et non sur un record ponctuel, que se jouera la valeur de WALL-B.

Pour RoboActu, le sujet est néanmoins publiable parce qu’il combine matériel, tâche physique, mesure chiffrée et source datée. Il illustre aussi une tendance importante : les robots d’entrepôt les plus crédibles ne seront pas forcément les plus humanoïdes, mais ceux qui convertissent une compréhension du monde physique en gestes fiables sur des objets ordinaires.

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