La filiale robotique Aimoga, incubée par Chery, prépare une possible introduction en Bourse et veut accélérer ses livraisons internationales. Selon CnEVPost, qui cite Reuters, l’entreprise discute avec plusieurs places de cotation et vise 10 000 robots livrés en 2027.
Le sujet dépasse la communication financière classique. Aimoga revendique déjà plus de 3 000 robots livrés dans le monde, dont 2 000 hors de Chine, et dit couvrir plus de 60 pays et régions. Pour Chery, constructeur automobile chinois désormais coté à Hong Kong, la robotique devient un prolongement industriel de son savoir-faire en production, électronique embarquée et réseaux internationaux.
Des robots policiers au cœur de l’export
Le point le plus concret concerne les robots de sécurité publique. D’après les éléments rapportés par CnEVPost et Reuters, Aimoga a déjà mis en service 110 robots policiers dans plusieurs villes chinoises. Leur rôle annoncé reste limité à des tâches de circulation, d’orientation des foules et de sensibilisation, mais l’entreprise y voit un marché export, notamment dans des régions exposées à la chaleur, à la pluie ou à des conditions de travail difficiles pour les agents.
Cette approche donne une indication sur la stratégie d’Aimoga : ne pas seulement vendre un humanoïde vitrine, mais décliner un portefeuille de robots de service, de compagnonnage, de sécurité et de quadrupèdes, avec des usages publics ou commerciaux. La société commercialise déjà un humanoïde sur JD.com à 285 800 yuans, soit environ 42 100 dollars, et un robot-chien à 15 800 yuans.
Une IPO pour financer l’échelle
Zhang Guibing, responsable de l’activité et président de Chery International, indique que l’entreprise prépare les démarches nécessaires et échange avec plusieurs lieux de cotation possibles, sans calendrier public. L’objectif financier serait d’accompagner l’expansion internationale et l’investissement technologique, dans un secteur chinois où Unitree vient de renforcer l’attention des investisseurs après son entrée sur le STAR Market.
La comparaison avec Unitree est importante, mais elle ne raconte pas le même modèle. Unitree est d’abord identifié par ses robots quadrupèdes et humanoïdes très médiatisés. Aimoga arrive avec le soutien d’un groupe automobile, donc avec une promesse différente : utiliser une base industrielle, des canaux export et une logique de gamme pour passer d’un démonstrateur à des volumes plus larges.
Notre analyse
La cible de 10 000 livraisons en 2027 reste ambitieuse et devra être vérifiée par des commandes fermes, des déploiements identifiables et des retours d’usage. Elle montre toutefois que la robotique humanoïde chinoise ne se limite plus aux vidéos de salons. Les acteurs cherchent désormais des niches où un robot peut remplacer une présence humaine répétitive, visible et encadrée.
Le risque éditorial est aussi évident : les robots policiers touchent à la surveillance, à la régulation locale et à l’acceptabilité publique. Pour Aimoga, réussir à l’export supposera donc plus qu’un prix compétitif. Il faudra adapter les fonctions aux règles locales, prouver la fiabilité sur le terrain et clarifier ce que ces machines font réellement, surtout lorsqu’elles apparaissent dans l’espace public.

