Menlo Research a montré le 26 août un essai de téléopération de tout le corps de son humanoïde Asimov 1. La séquence présente le transfert des mouvements d’un opérateur vers la machine, sur une plateforme que l’entreprise veut rendre assemblable et modifiable par les ingénieurs, chercheurs et enseignants.
Cette démonstration ne constitue pas un lancement commercial ni une preuve d’autonomie. Elle documente une étape de mise au point, au 335e jour du projet selon le compte officiel Asimov. Le robot reproduit les mouvements corporels transmis par le système de contrôle, une méthode utile pour tester la mécanique et recueillir des trajectoires avant d’entraîner des politiques autonomes.
Day 335 of building Asimov, the most developer-friendly humanoid robot. We’re testing full body teleoperation control.
Une plateforme de 1,2 mètre à assembler
Asimov 1 mesure 1,2 mètre, pèse 35 kg et dispose de 25 degrés de liberté auxquels s’ajoutent deux axes supplémentaires, d’après la fiche officielle. Menlo Research le présente comme un robot éducatif destiné au travail sur le matériel réel, la locomotion et le contrôle du corps entier.
Le projet se distingue surtout par son approche de construction. L’entreprise publie une nomenclature de composants, des fichiers de conception assistée par ordinateur et une pile de simulation. Elle estime à plus de 100 heures le temps nécessaire pour assembler la machine. Cette durée place Asimov 1 à mi-chemin entre un kit pédagogique et une plateforme de laboratoire complète.
L’ouverture du matériel doit permettre de remplacer des pièces, d’adapter la morphologie et de tester ses propres modèles. Elle offre aussi une meilleure visibilité sur les compromis mécaniques qu’un humanoïde livré comme un produit fermé. Cette souplesse implique toutefois davantage d’intégration et de validation de la part de l’utilisateur.
Ce que mesure la téléopération
Dans un système de téléopération corps entier, les mouvements de l’opérateur servent de consignes au robot. Le contrôleur doit convertir ces gestes vers une morphologie différente, maintenir l’équilibre et respecter les limites des articulations. Une séquence fluide renseigne donc sur la chaîne de commande, mais pas encore sur la capacité du robot à décider seul.
Pour les équipes de robotique, cette étape peut également produire des démonstrations humaines utilisables pour l’apprentissage par imitation. Les trajectoires enregistrées relient une intention à des commandes articulaires concrètes. Leur intérêt dépendra de la précision du suivi, de la fréquence de contrôle et de la capacité à répéter le mouvement sans intervention corrective.
Une démonstration encore préliminaire
Menlo Research ne publie pas avec cette vidéo de taux d’erreur, de latence, de durée de fonctionnement ni de test indépendant. La société ne précise pas non plus quand le contrôle corps entier sera proposé aux acheteurs du kit. La séquence doit donc être lue comme un jalon de développement.
Les prochains résultats utiles seront des essais prolongés, des tâches avec déplacement et manipulation simultanés, puis une documentation reproductible du dispositif de téléopération. Asimov 1 devra aussi montrer comment son architecture ouverte résiste aux variations d’assemblage entre plusieurs machines.

