Samsung SDS prépare une plateforme pour orchestrer les robots de ses usines

Présentation de la stratégie robotique de Samsung SDS à REAL Summit 2026
Samsung SDS présente à Séoul sa stratégie de transformation robotique et sa future plateforme d’orchestration. Photo fournie par Samsung SDS.

Samsung SDS veut faire de son logiciel le chef d’orchestre des robots industriels du groupe Samsung. Présentée à Séoul lors de REAL Summit 2026, sa future plateforme doit coordonner dans un même système des humanoïdes, des robots mobiles autonomes, des cobots et les équipements de production.

Le lancement est prévu en 2027. Samsung SDS compte d’abord viser environ 1 000 sites de filiales comme Samsung Electronics, Samsung Heavy Industries et Samsung E&A. L’entreprise envisage ensuite d’étendre l’offre aux quelque 430 sociétés qui utilisent déjà son système de gestion de production, puis au marché américain.

Un contrôle commun pour plusieurs types de robots

La plateforme devra attribuer et répartir les tâches, suivre l’état des machines et permettre à plusieurs catégories de robots de travailler autour d’un même processus. Le projet ne consiste donc pas à construire un robot supplémentaire, mais à fournir la couche d’orchestration entre les machines de différents fabricants et les installations existantes.

Cette approche répond à une difficulté concrète de l’automatisation industrielle. Une usine peut réunir des bras fixes, des robots mobiles et, à terme, des humanoïdes provenant de fournisseurs distincts. Sans couche commune, chaque famille conserve souvent ses propres outils de supervision. Samsung SDS veut relier cette flotte à son savoir-faire dans les systèmes MES, qui pilotent déjà les opérations de nombreuses usines.

Lors du sommet, la société a aussi annoncé Team REX, pour « Robotics EXcellence ». Ce groupe rassemble dix partenaires couvrant le matériel, l’intelligence robotique, les données et la simulation. Parmi eux figurent Rainbow Robotics, Walden Robotics, Genesis AI, RoboForce et le spécialiste chinois des mains robotiques Wuji Technology.

Des partenaires déjà présents sur le terrain

Samsung SDS affirme que Walden Robotics a déjà déployé des robots dans des usines Toyota en Amérique du Nord. Le groupe coréen avait réalisé un investissement stratégique dans cette jeune entreprise en juin. Ce partenariat doit aider à adapter des modèles d’intelligence physique aux tâches manuelles des sites de production.

La présence de Rainbow Robotics apporte de son côté des plateformes concrètes, notamment des cobots et le robot mobile à deux bras RB-Y1. Samsung Electronics travaille parallèlement sur son propre humanoïde, dont une présentation est visée pour le CES 2027. La plateforme de Samsung SDS pourrait donc devenir le lien logiciel entre ces machines et les équipements industriels du groupe.

Le calendrier reste toutefois prospectif. Samsung SDS a annoncé une mise à disposition à partir de 2027, mais n’a pas encore détaillé l’architecture, les interfaces compatibles ni les résultats d’un pilote à l’échelle des 1 000 sites visés. Les premiers déploiements internes devront démontrer qu’une supervision commune peut réellement réduire les arrêts et transférer une tâche d’un robot à un autre.

Notre analyse

L’intérêt du projet tient moins à une nouvelle démonstration humanoïde qu’à son échelle industrielle potentielle. Samsung possède des usines, un fabricant de robots et un fournisseur de logiciels de production. Cette intégration peut accélérer les tests, mais elle place aussi la barre haut : orchestrer des robots hétérogènes en environnement réel exige de gérer sécurité, disponibilité et changements de configuration sans interrompre la ligne.

Sources : Seoul Economic Daily et The Korea Times.

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