Kinetix AI, jeune entreprise chinoise spécialisée dans l’intelligence incarnée, a réuni plus de 500 millions de yuans, soit environ 60 millions d’euros, au fil de plusieurs financements Angel+. Le capital doit accélérer le développement conjoint de ses données, de ses modèles et de son humanoïde KAI.
L’opération a été rapportée le 11 septembre par Gasgoo, puis détaillée par plusieurs médias chinois. Vertex Ventures, société de capital-risque liée à Temasek, Fangguang Capital et Wanshi Capital figurent parmi les investisseurs. China Renaissance a conseillé l’entreprise.
Le montant ne correspond pas nécessairement à un tour unique : Kinetix AI parle d’une série de financements Angel+ dont le total dépasse 500 millions de yuans. La valorisation et les dates de clôture de chaque tranche n’ont pas été rendues publiques.
Un financement pour relier données, modèles et robot
Fondée à Shenzhen en juillet 2025, Kinetix AI veut contrôler l’ensemble de la chaîne de l’intelligence incarnée. Sur son site officiel, l’entreprise présente des activités couvrant la collecte de données en vue subjective, les modèles de fondation robotiques, les mains dextres et le corps humanoïde.
Son robot KAI, dévoilé au printemps 2026, mesure environ 1,73 mètre pour 70 kg. Le constructeur annonce 115 degrés de liberté sur l’ensemble du corps, dont 36 pour les deux mains, ainsi qu’une peau tactile équipée de 18 000 capteurs. Ces caractéristiques restent des données du fabricant et ne constituent pas encore des performances validées en déploiement.
Kinetix AI indique que les nouveaux capitaux financeront l’itération de sa boucle « données, modèle, corps » et la transformation de ses travaux en produits. Cette intégration doit permettre de modifier simultanément le matériel, la commande et les jeux de données lorsque le robot échoue sur une tâche physique.
La commercialisation reste à démontrer
L’entreprise vise plusieurs environnements : domicile, restauration, commerce et industrie légère. Ses visuels montrent notamment KAI dans un salon, une cuisine et un atelier, avec des scénarios de transport, de tri et de vissage. Aucun volume de commandes, calendrier de livraison ou déploiement client vérifiable n’accompagne toutefois l’annonce financière.
Cette réserve est importante. Une plateforme humanoïde de 115 degrés de liberté multiplie les possibilités de mouvement, mais aussi les besoins de contrôle, de maintenance et de fiabilité. Le financement devra donc être converti en heures de fonctionnement, taux de réussite et coûts d’exploitation mesurables.
Le nom peut aussi prêter à confusion. Cette société de Shenzhen n’est pas Kinetix, l’entreprise française spécialisée dans l’animation 3D générative dont l’équipe a rejoint Runway. Le groupe robotique utilise le domaine kinetixai.tech et le nom chinois 超维动力.
Notre analyse
Le montant est significatif pour une entreprise créée depuis un peu plus d’un an. Il confirme l’appétit des investisseurs pour des équipes qui ne séparent plus le modèle d’IA du robot, des capteurs et de la collecte de données physiques.
Kinetix AI doit désormais franchir l’étape la plus difficile : passer d’une architecture ambitieuse et de démonstrations contrôlées à des tâches répétables chez des clients. Les prochains indicateurs utiles seront le nombre de robots construits, la durée d’autonomie, la fiabilité des mains et l’existence de déploiements payants.

