Neura Robotics crée une division dédiée à la santé et présente un robot mobile autonome conçu pour déplacer les lits d’hôpital inoccupés. La machine se glisse sous le lit, le soulève et l’achemine entre les services, y compris en utilisant les ascenseurs.
Le constructeur allemand vise une tâche répétitive qui mobilise du personnel sans relever directement du soin. Selon les données communiquées par l’entreprise, une vingtaine de trajets quotidiens pourraient libérer plus de 1 300 heures de travail par an dans un établissement. Le robot doit aussi pouvoir transporter des produits stériles.
Un robot mobile adapté au plan de chaque hôpital
La plateforme peut pivoter sur place et circuler dans des couloirs étroits. Ses fonctions de sécurité restent actives pendant le levage. Neura précise toutefois une limite importante : le système transporte uniquement des lits vides et n’est pas destiné à déplacer des patients.
Avant une installation, l’intégrateur doit valider le robot sur le plan réel de l’hôpital. Les largeurs de porte, les dimensions des ascenseurs et les trajets entre chambres, services et zones de stockage font partie des contraintes à vérifier. Cette préparation doit éviter qu’une démonstration en environnement contrôlé soit confondue avec une exploitation quotidienne.
Neura commercialise la solution par l’intermédiaire de partenaires sous forme d’abonnement. Le forfait doit couvrir l’intégration, le fonctionnement, la maintenance, les mises à jour logicielles et une assistance continue. Aucun tarif n’a été communiqué. La plateforme est présentée publiquement au Smart Health Automation Summit du VDMA à Düsseldorf par Auroniq Robotics, chargé de l’intégration dans les établissements.
La première brique de Neura HealthTech
Le robot de transport ouvre le programme Neura HealthTech, dirigé par Sven Lange. La société prévoit ensuite d’utiliser ses bras MAiRA pour l’intralogistique et l’assistance autour des instruments. Son robot de service MiPA doit, à terme, accomplir certaines tâches dans les chambres et contribuer à la distribution de médicaments.
Ces machines doivent être reliées à Neuraverse, la plateforme logicielle de Neura. Le constructeur veut y agréger les informations provenant des pièces, des équipements et des robots afin d’attribuer automatiquement une mission à la bonne machine. Cette architecture promet une coordination plus large, mais elle devra aussi satisfaire les exigences de cybersécurité, de disponibilité et de protection des données propres au secteur hospitalier.
Le marché n’est pas vierge. Les robots TUG d’Aethon transportent déjà médicaments, linge et repas dans des hôpitaux américains, tandis que Moxi de Diligent Robotics assiste les équipes avec des échantillons et des fournitures. Neura mise sur un robot spécialisé dans les lits, un modèle locatif et l’intégration à son écosystème. La preuve décisive viendra des premiers établissements : nombre de trajets réellement automatisés, interruptions, temps gagné et capacité à cohabiter sans friction avec les soignants et les patients.

