Minerva lève 10 millions de dollars pour envoyer son humanoïde Roger dans les métiers dangereux

L’humanoïde Roger de Minerva dans un environnement industriel sombre
Roger combine téléopération humaine, équilibre autonome et navigation pour intervenir loin de son opérateur.

Minerva Humanoids sort de sa phase confidentielle avec environ 10 millions de dollars et un premier robot, Roger. L’humanoïde semi-autonome doit intervenir dans les métiers où une erreur expose directement un technicien, notamment l’énergie, les explosifs et les matières dangereuses.

Le tour de pré-amorçage est mené par General Catalyst, avec Long Journey Ventures et Credo Ventures comme co-chefs de file. Minerva annonce aussi le lancement de ses premiers pilotes payants à l’automne. La société a été fondée par Sandor Felber, passé par les travaux du MIT CSAIL et le programme Optimus de Tesla, et Maurice Rahme, ancien responsable technique du robot logistique Stretch chez Boston Dynamics.

Un opérateur humain reste aux commandes

Roger n’est pas présenté comme un remplaçant totalement autonome. Le robot conserve un spécialiste dans la boucle pour les actions critiques. L’opérateur porte un casque de réalité virtuelle, voit à travers les capteurs de l’humanoïde et pilote les manipulations fines à distance. Le logiciel Minerva Intelligence prend en charge l’équilibre, la récupération après une chute et la navigation.

Cette répartition vise les opérations où le jugement humain reste indispensable mais où la présence physique est dangereuse. Minerva cite les plateformes pétrolières, les centrales à haute tension, la neutralisation d’explosifs et les interventions sur des substances dangereuses. Dans ces situations, les robots chenillés à un seul bras peuvent manquer de dextérité et obliger un technicien à s’approcher.

Un prototype construit en cinq mois

La jeune entreprise affirme être passée de l’idée à un humanoïde capable de marcher en cinq mois. Les premiers prototypes sont assemblés en Allemagne, tandis que le logiciel et l’IA sont principalement développés aux États-Unis. Minerva prévoit à terme une production des deux côtés de l’Atlantique et dit vouloir éviter une dépendance à une source unique de composants chinois.

Avant cette présentation publique, Roger a été montré au Centre d’excellence de l’OTAN consacré à la neutralisation des explosifs, en Slovaquie. Minerva indique également avoir mené des essais sur site pour des applications de sécurité dans deux grands aéroports. Des partenariats de recherche ont été conclus avec l’Université Mohamed bin Zayed sur les usages énergétiques et avec l’Université de Waterloo sur la perception dans la fumée, l’obscurité ou lorsque certains capteurs sont défaillants.

Notre analyse

Le positionnement de Minerva tranche avec la promesse d’un humanoïde généraliste entièrement autonome. Roger est conçu autour d’un métier, d’un opérateur formé et d’un niveau de risque clairement identifié. Cette approche peut accélérer les premiers déploiements, car elle limite le problème d’autonomie tout en donnant une valeur directe à la téléopération.

Le principal test sera désormais opérationnel. Il faudra mesurer la fiabilité du robot, la qualité du contrôle à distance, sa résistance aux environnements hostiles et le coût complet d’une intervention. Les pilotes payants annoncés pour l’automne fourniront les premiers éléments concrets.

Fiches Robodex citées

Le briefing RoboActu

L’essentiel de la robotique, une fois par semaine.

Une sélection courte des annonces, usages et robots à suivre.

Continuer sur ce sujet

Comparer les robots