La Corée du Sud autorise Robros à tester 20 robots humanoïdes au contact de salariés dans quatre environnements industriels. L’expérimentation couvre les semi-conducteurs, l’automobile, la construction navale et la logistique, avec des tâches de manipulation et de transport réalisées sans séparer systématiquement les machines des opérateurs.
Le ministère sud-coréen du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie a accordé cette exemption le 13 octobre, lors de la sixième réunion annuelle de son comité chargé du bac à sable réglementaire pour la convergence industrielle. Le dispositif doit permettre de mesurer les risques réels avant une éventuelle adaptation des règles de sécurité.
Quatre sites, quatre types de tâches
Robros doit répartir ses humanoïdes bipèdes dans des installations exploitées par Nepes, Sungwoo Hitech, HD Hyundai Samho et Delivery Lab. Dans l’usine de semi-conducteurs, ils retireront des contaminants sur des pièces circulaires utilisées lors des opérations de conditionnement. Sur le site automobile, ils positionneront des éléments de carrosserie.
Le programme prévoit également d’empiler, dans un chantier naval, des pièces métalliques servant à fixer des plateformes de travail sur la coque des navires. Dans l’environnement logistique, les robots déplaceront des unités d’emballage réfrigérées. Ils devront reconnaître les objets, les saisir, les transporter puis les déposer dans des zones identiques ou adjacentes à celles occupées par des humains.
Cette variété est importante : elle teste dans un même cadre réglementaire la précision, la mobilité et l’adaptation à des objets très différents. Le fabricant sud-coréen développe notamment IGRIS-C, un humanoïde industriel conçu pour la manipulation et la collecte de données sur site.
La règle du robot fixe ne suffit plus
Les normes industrielles actuelles ont surtout été écrites pour des bras stationnaires installés derrière des barrières. Un humanoïde mobile doit au contraire circuler, changer de poste et partager certains espaces avec des salariés. La dérogation n’efface pas les obligations de sécurité : elle impose des évaluations de risques et des mesures de réduction validées avec le ministère du Travail.
Les données recueillies serviront à identifier les situations dangereuses, vérifier les protections et préparer de futurs standards. L’enjeu dépasse donc les performances du robot. La Corée du Sud cherche aussi à établir les conditions techniques et juridiques d’un déploiement plus large de machines polyvalentes dans ses usines.
Un test industriel, pas encore un déploiement commercial
Le nombre annoncé, 20 unités, donne au programme une échelle inhabituelle pour une expérimentation réglementaire. Il ne constitue toutefois ni une commande commerciale définitive ni une preuve d’autonomie complète. Les résultats, la durée exacte des essais et le niveau d’assistance humaine nécessaire n’ont pas encore été publiés.
Le même comité a autorisé Maum AI à tester un robot quadrupède autonome sur des promenades et dans des parcs de Cheonan. Cette machine devra détecter les dangers, diffuser des alertes et transmettre vidéo et position à un centre de contrôle. Ensemble, les deux projets montrent que le gouvernement veut observer les robots mobiles dans des espaces où ils rencontrent réellement travailleurs et public.
Les indicateurs décisifs seront le taux de réussite par tâche, les arrêts de sécurité, les interventions humaines et la capacité à maintenir ces performances sur plusieurs sites. Sans ces données, l’annonce marque surtout l’ouverture d’un terrain d’essai réglementaire à grande échelle.
Sources : Seoul Economic Daily, d’après l’annonce du ministère sud-coréen du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie, et présentation officielle d’IGRIS-C par Robros.

