RoboParty a officialisé le 14 octobre RP1, aussi appelé ROBOTO 01, comme une plateforme humanoïde dont l’entreprise veut ouvrir l’ensemble de la pile aux développeurs. Le projet couvre le corps du robot, les actionneurs, le contrôle temps réel, la simulation et les outils destinés à l’IA incarnée.
Cette annonce précise la feuille de route après une première présentation publique à la conférence IROS, le 28 septembre à Pittsburgh. RoboParty ne se contente pas de promettre un accès logiciel : la société affirme vouloir documenter progressivement les éléments matériels et les briques de commande qui permettent de reproduire, modifier et entraîner le robot.
RP1 is officially here. Introducing RP1 (ROBOTO 01), a high-performance, fully open-source humanoid robotics platform for robotics research and embodied AI model development.
— RoboParty (@RoboParty_DEV) October 14, 2026
Une pile ouverte du mécanisme au logiciel
Le constructeur présente RP1 comme la suite de RPO, son premier projet humanoïde ouvert. Le nouveau modèle doit intégrer des modules d’actionnement Romomo conçus en interne, une structure mécanique dédiée et un système de contrôle du mouvement en temps réel. La société cite aussi PartyOS comme couche logicielle de son écosystème.
La communication du fabricant annonce un couple maximal pouvant atteindre 160 N·m sur certaines articulations. Cette valeur ne décrit pas à elle seule les performances globales du robot, mais elle donne une indication sur les efforts visés pour les mouvements dynamiques et la récupération d’équilibre.
À IROS, RP1 a été soumis à des poussées et à des coups de pied de visiteurs dans une démonstration baptisée « Kick Me ». Le robot corrigeait sa posture et retrouvait son équilibre. Ces séquences montrent une coordination entre la mécanique, les actionneurs et la commande, sans constituer encore un test indépendant d’endurance ou de fiabilité.
Un calendrier d’ouverture encore à concrétiser
L’enjeu principal se situe désormais dans la publication effective des ressources promises. RoboParty indique que les équipes de recherche pourront accéder aux conceptions mécaniques, au micrologiciel, au contrôle du mouvement, à la simulation et aux outils d’entraînement. La valeur du projet dépendra toutefois des licences choisies, de la qualité de la documentation et de la disponibilité réelle des composants.
Le communiqué initial évoquait des précisions sur la feuille de route open source en octobre, puis des publications logicielles et matérielles plus larges ainsi qu’un programme de production en série au quatrième trimestre. L’annonce du 14 octobre marque donc un lancement officiel, mais pas encore la livraison complète de chaque brique.
Pour les laboratoires, une plateforme réellement ouverte peut réduire le temps consacré à reconstruire un humanoïde avant de tester une politique de locomotion ou de manipulation. Elle facilite aussi la comparaison des algorithmes sur une architecture commune. À l’inverse, une ouverture partielle limitée à quelques dépôts ne suffirait pas à garantir la reproductibilité.
Un test important pour l’humanoïde open source
RP1 arrive dans un secteur où les démonstrations progressent plus vite que la standardisation du matériel. RoboParty devra montrer que son approche peut réunir une communauté autour de versions stables, de procédures de sécurité et d’un approvisionnement suivi.
Les prochains indicateurs seront concrets : dépôts publics consacrés à RP1, plans exploitables, licences explicites, prix, calendrier de livraison et résultats obtenus par des équipes extérieures. C’est à ces conditions que RP1 pourra devenir une base de recherche partagée plutôt qu’une démonstration de salon.
Sources : annonce officielle de RoboParty, communiqué de présentation à IROS et analyse technique de Glitchwire.
