Chez Anthropic, les agents travaillent six fois plus d’heures que les salariés

Illustration officielle de l’étude Anthropic sur l’évolution de l’emploi avec les agents IA
Anthropic documente l’usage des agents, la production et les changements de recrutement dans ses équipes.

En août 2026, les agents interactifs utilisés chez Anthropic ont cumulé six fois plus d’heures de travail que les salariés de l’entreprise. Ce chiffre provient d’une étude interne publiée le 16 octobre sur l’évolution de l’emploi, des recrutements et de l’organisation du travail au sein du laboratoire d’intelligence artificielle.

Anthropic a croisé ses données d’emploi, l’utilisation de ses outils d’IA, des mesures de production, les calendriers, les communications internes et 17 entretiens. L’entreprise se présente comme un cas avancé, pas comme un échantillon représentatif de l’économie.

Moins de juniors dans les recrutements techniques

La part des salariés juniors dans les départements techniques est passée de 21 à 14 % depuis le début de 2025. Leur part dans les nouvelles embauches a reculé plus vite encore, de 27 à 9 %. Anthropic précise néanmoins que les recrutements techniques continuent de progresser en nombre absolu, dans une entreprise qui grandit rapidement.

Selon le rapport, les équipes les plus exposées à Claude ont progressivement confié davantage de développement et de recherche de bugs aux agents. En avril 2026, les équipes d’ingénierie et de recherche avaient réduit la priorité accordée aux postes techniques les moins expérimentés.

Les agents augmentent aussi le travail de supervision

L’étude observe une hausse du code produit par personne, des ventes conclues par commercial et des contrats traités après l’adoption des outils. Chez les salariés non techniques, le nombre mensuel de sessions d’agents orientées code est passé de 2 en août 2025 à 90 en mai 2026.

Cette automatisation ne supprime pas l’intervention humaine. Elle déplace le point de blocage vers la lecture, la vérification et la coordination. D’après Anthropic, certains salariés devraient consacrer la moitié de leur semaine à lire toutes les sorties de leurs agents. Ils construisent donc des tableaux de bord et des outils de surveillance pour piloter plusieurs tâches en parallèle.

Un indicateur avancé, avec de fortes limites

Anthropic génère deux à quatre fois plus de revenus par salarié que Google et Meta au même âge, selon ses propres comparaisons. Mais le laboratoire développe les modèles et les outils qu’il utilise. Ses salariés sont recrutés pour travailler dans un environnement particulièrement favorable à l’automatisation et ne reflètent pas la majorité des entreprises.

Le rapport reste néanmoins notable car il documente simultanément l’usage des agents, la production et les changements de recrutement. Il suggère que l’impact le plus rapide ne prend pas seulement la forme de suppressions de postes. Il peut aussi apparaître dans la composition des équipes, la raréfaction des postes d’entrée et la montée du travail de jugement.

Anthropic affirme avoir mis en place un système d’alerte précoce pour suivre les métiers exposés et privilégier les redéploiements internes lorsque les fonctions évoluent. Ces mesures devront être observées dans la durée, notamment pour déterminer si les gains de production compensent la réduction des voies d’accès aux métiers techniques.

Source : étude « How employment is changing at Anthropic ».

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