Bedrock Robotics lève 600 millions de dollars pour ses engins de chantier autonomes

Un engin de chantier équipé de la technologie autonome de Bedrock Robotics
Bedrock Robotics veut adapter sa couche d’autonomie à des flottes mixtes d’engins de chantier.

Bedrock Robotics a bouclé une série C de 600 millions de dollars pour accélérer le déploiement de ses systèmes autonomes sur les chantiers américains. Bessemer Venture Partners, qui participe au tour, a annoncé l’opération le 26 octobre. L’entreprise veut convertir des engins de chantier existants en machines capables d’exécuter des tâches sans conducteur, tout en fournissant aux exploitants des données sur la productivité et la sécurité.

Le montant place Bedrock parmi les jeunes pousses les mieux financées de la robotique de terrain. L’enjeu n’est pas de fabriquer une nouvelle pelle ou un nouveau tombereau, mais d’adapter une couche d’autonomie à des flottes déjà présentes sur les sites. Cette approche peut réduire le délai entre un prototype et un déploiement commercial, à condition de démontrer une fiabilité suffisante dans un environnement où le relief, la poussière et la circulation changent en permanence.

Une autonomie pensée pour les flottes mixtes

Selon Bessemer, la technologie de Bedrock est conçue pour fonctionner avec plusieurs marques et plusieurs catégories d’engins. Les grands chantiers utilisent rarement les machines d’un seul constructeur. Une solution indépendante du fabricant peut donc intéresser les entreprises qui souhaitent automatiser progressivement leur parc, sans le remplacer d’un bloc.

Bedrock ajoute aussi une couche de visibilité pour suivre les temps de cycle, la productivité et certains événements de sécurité. Ces données concernent les engins autonomes, mais aussi les machines qui ne le sont pas encore. L’entreprise cherche ainsi à vendre une plateforme d’exploitation du chantier autant qu’un système de conduite robotisée.

Le tour doit financer l’extension des déploiements sur des sites commerciaux aux États-Unis. L’annonce ne précise pas le nombre d’engins déjà convertis, les clients concernés ni le calendrier détaillé. Ces éléments seront essentiels pour distinguer une montée en charge industrielle d’une succession de démonstrations limitées.

Des profils issus de Waymo et de la logistique

L’équipe dirigeante réunit plusieurs spécialistes de l’autonomie. Le directeur général Boris Sofman a dirigé les activités de transport routier chez Waymo. Le directeur technique Kevin Peterson avait fondé Marble, une société de robots de livraison ensuite acquise par Caterpillar. Le directeur des opérations Laurent Hautefeuille vient d’Uber Freight.

Ce mélange de conduite autonome, de robotique mobile et de logistique répond à une difficulté propre au bâtiment : un système performant en laboratoire doit aussi s’intégrer aux méthodes de travail, aux contraintes de sécurité et à l’économie quotidienne d’un chantier.

Pourquoi cette levée compte pour la robotique de chantier

La construction manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs métiers, tandis que les projets d’infrastructure exigent une utilisation plus régulière des équipements coûteux. Les engins autonomes ciblent d’abord les tâches répétitives et bien délimitées, comme certains cycles de terrassement ou de transport de matériaux.

Les 600 millions de dollars donnent à Bedrock les moyens de financer du matériel, du logiciel et des opérations sur le terrain. Ils augmentent aussi la pression pour produire des résultats mesurables. Les prochains indicateurs à surveiller seront le nombre de sites actifs, les heures de fonctionnement sans intervention, la diversité des machines prises en charge et les gains réellement obtenus par les clients.

Sources : Bessemer Venture Partners, The Next Web.

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