KDDI et la société japonaise ELYZA lancent ELYZA Robotics, une nouvelle entité chargée de développer puis de déployer des systèmes de « physical AI ». Le groupe télécom prévoit d’investir 30 milliards de yens dans la recherche et vise plus de 1 000 robots installés sur le terrain d’ici à l’exercice 2030.
La société a commencé ses activités le 1er octobre 2026. Elle doit réunir les équipes d’ELYZA, de KDDI Research et d’autres spécialistes du groupe dans une organisation de plus de 300 personnes. Son périmètre va de la conception de modèles robotiques à leur intégration dans les opérations de clients.
Des modèles qui relient perception et mouvement
ELYZA Robotics veut développer des modèles de fondation adaptés aux robots. Ses travaux porteront notamment sur les modèles vision-langage, capables d’interpréter conjointement des images et des instructions, ainsi que sur les modèles vision-langage-action, qui produisent directement des commandes pour une machine.
Le programme comprend aussi la collecte de données égocentriques, enregistrées depuis le point de vue d’un opérateur, et la reproduction de sites de travail dans des simulateurs. Ces briques doivent alimenter l’apprentissage, puis permettre d’adapter un même socle logiciel à plusieurs robots et métiers.
KDDI entend ajouter ses propres infrastructures : réseau de télécommunications, ressources de calcul de son « Digital Belt » et centre de supervision à distance. L’objectif est de relier entraînement, inférence distribuée et contrôle opérationnel, plutôt que de fournir un modèle isolé.
Des essais prévus dans le commerce, la logistique et l’industrie
Les premières preuves de concept doivent commencer en 2026. ELYZA Robotics prévoit de se procurer différents matériels auprès de fabricants japonais et étrangers : robots industriels, quadrupèdes et humanoïdes. Les machines seront ensuite configurées selon les contraintes de chaque activité.
Dans le commerce, KDDI cite l’inventaire, la mise en rayon et l’accueil. La logistique doit tester le transport de charges et la détection des ruptures de stock. La fabrication vise des tâches de précision. Le groupe évoque également les services, puis à plus long terme l’agriculture et la construction.
Plusieurs filiales doivent fournir des terrains et des compétences, dont Lawson pour la distribution, Soracom pour la connectivité et KDDI Technology. Deux plateformes sont annoncées : l’une pour développer les modèles et exploiter les données, l’autre pour superviser les robots, répartir les calculs et coordonner plusieurs machines en exploitation.
Un objectif chiffré, mais encore à concrétiser
Le chiffre de 1 000 robots donne une échelle au projet, sans préciser pour l’instant la répartition entre essais, déploiements commerciaux et types de machines. La création d’une structure dédiée peut néanmoins réduire un obstacle fréquent : le passage d’une démonstration technique à un système intégré aux logiciels, aux réseaux et aux procédures d’un site.
La réussite dépendra de la capacité d’ELYZA Robotics à transformer les données recueillies lors des premiers essais en modèles réutilisables, tout en maintenant la sécurité et la disponibilité des machines. Le groupe dispose de plusieurs environnements opérationnels pour tester cette boucle, mais devra encore publier des résultats de terrain mesurables.
Sources : communiqué KDDI et ELYZA et Impress Watch.
