À Tangshan, dans la province du Hebei, un robot humanoïde à double bras grimpe sur la paroi d’un réservoir chimique de plusieurs mètres de haut. Il soude d’une main, meule de l’autre. Ce n’est pas une démonstration en laboratoire : le robot est en service, sur un vrai chantier industriel. La Chine vient de déployer son premier robot « à intelligence incarnée » pour les tâches industrielles à haut risque.
Adhésion magnétique et bras articulés
Le robot pèse environ 90 kg et se déplace sur les surfaces métalliques verticales grâce à un châssis à roues doté d’un système d’adhésion électromagnétique. Assez puissant pour supporter du poids supplémentaire sans affecter sa mobilité, précisent les développeurs. Son torse humanoïde offre 15 degrés de liberté, ce qui lui permet d’exécuter deux tâches simultanées avec ses bras.
En changeant ses effecteurs terminaux, il passe de la soudure à l’inspection par ultrasons, du décapage antirouille au traitement de surface. Un robot multi-fonction, là où les machines grimpantes classiques n’en exécutent qu’une seule.
Alimenté par câble, guidé par l’IA
Le choix de l’alimentation par câble est pragmatique : pas de limite de batterie, le robot peut opérer en continu pendant des heures. Pour les tâches de soudure et de meulage sur les cuves de stockage chimique, les navires ou les installations énergétiques, l’autonomie est un facteur critique.
Côté intelligence, le système embarque un modèle d’IA de grande taille entraîné sur plus de 100 000 heures de données opérationnelles. Il s’adapte aux environnements complexes et améliore ses performances au fil du temps, selon CGTN.
Remplacer l’humain là où c’est dangereux
L’enjeu est concret : les opérations de maintenance sur les cuves chimiques, les coques de navires et les structures énergétiques comptent parmi les postes les plus accidentogènes de l’industrie. Travailler en hauteur, sur des surfaces courbes et dans des atmosphères potentiellement toxiques tue des dizaines de travailleurs chaque année en Chine.
En parallèle, un robot d’inspection terrestre équipé d’un bras à six axes a aussi été déployé pour gérer les urgences comme les fuites de gaz toxique ou les incendies. La Chine accélère ainsi le remplacement des humains dans les environnements à risque, un axe stratégique de sa politique d’IA incarnée.