La startup néerlandaise Smart Robotics vient de boucler une série A de 10 millions d’euros menée par Rotterdamse Havendraken, avec Innovation Industries et le family office Ernij Next. L’argent servira à pousser ses bras robotisés de picking piloté par IA dans les entrepôts européens.
L’annonce est tombée ce 21 avril 2026. Smart Robotics, basée aux Pays-Bas, fait partie de cette poignée d’entreprises qui ont misé tôt sur l’IA embarquée plutôt que sur des scripts d’automatisation rigides. Son pari commence à payer.
120 systèmes, 15 pays, un milliard de prises réussies
Les chiffres revendiqués par l’entreprise donnent une idée du niveau de maturité atteint. Smart Robotics annonce plus de 120 systèmes installés dans 15 pays et cinq secteurs industriels. Chaque bras réalise jusqu’à 1 000 prises par heure avec une disponibilité autour de 99,5 %.
Le cumul opérationnel vient de franchir le cap du milliard de prises en production réelle. Ce volume n’a rien d’anecdotique : c’est le carburant qui entraîne en continu le modèle d’IA maison, avec des données collectées sur des SKU très variés et des conditions de warehouse jamais parfaitement reproductibles.
Concrètement, la plateforme combine trois couches : une pile matérielle (bras, préhenseurs, capteurs), un logiciel IA propriétaire, et des services d’intégration. L’IA gère la détection, la planification de trajectoire et l’adaptation quand la pièce n’a pas la forme ou la position prévue. Ce dernier point est ce qui distingue un système embodied AI d’un simple bras programmé.
Le goulot d’étranglement de la logistique
Heico Sandee, co-CEO et directeur technique, insiste sur le volume de données terrain accumulées depuis plus d’une décennie. Selon lui, c’est cette base qui permet à Smart Robotics de battre les systèmes d’automatisation traditionnels sur la variabilité produit.
Le timing du tour de table n’est pas un hasard. L’automatisation des usines a atteint un plateau de maturité élevé, mais les entrepôts restent très peu robotisés. L’essor du e-commerce, la hausse des exigences opérationnelles et la pénurie de main-d’œuvre dans la logistique poussent les opérateurs à investir. Le picking est précisément le maillon le plus coûteux à automatiser, parce qu’il faut manipuler des milliers de références différentes dans des emballages hétérogènes.
Pourquoi ce tour compte
Sur le papier, 10 millions d’euros restent modestes comparés aux centaines de millions que lèvent les startups d’humanoïdes chinoises ou américaines. Mais Smart Robotics occupe un segment plus étroit et mieux défini : des robots qui travaillent déjà en production, pas des prototypes qui cherchent leur premier client.
La boîte vise l’expansion commerciale en Europe et le développement de sa couche de contrôle IA. En clair, elle veut signer plus de contrats et rendre ses bras encore meilleurs sur les cas limites. Dans un secteur où la concurrence vient aussi des géants américains comme Covariant ou Dexterity, le positionnement européen et la base installée peuvent faire la différence.
Résultat : un acteur européen de la robotique logistique qui consolide sa position au moment où le marché bascule vraiment vers l’automatisation AI-first. Rotterdamse Havendraken, fonds adossé aux activités portuaires de Rotterdam, apporte aussi un réseau clients naturel dans un hub logistique majeur du continent.
Sources : Smart Robotics, Tech.eu, The AI Insider.