Industrie

Le Canada débloque 62,7 millions de dollars pour muscler son industrie IA et robotique à Hanovre

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Next Generation Manufacturing Canada (NGen) a annoncé ce 20 avril, depuis le salon Hannover Messe, le déblocage de près de 25 millions de dollars en financement fédéral pour soutenir 14 projets canadiens de manufacturing avancé. Avec les 38 millions apportés par l’industrie, l’investissement total dépasse 62,7 millions de dollars.

L’annonce a été faite en présence de Mélanie Joly, ministre canadienne de l’Industrie, et d’une délégation d’une centaine d’entreprises canadiennes. Elle vise un triple objectif : accélérer la commercialisation des technologies avancées, muscler la compétitivité industrielle du pays et lier le Canada aux chaînes de valeur mondiales visibles à Hanovre.

14 projets qui couvrent toute la chaîne

Les 14 projets financés couvrent un spectre large : robotique, jumeaux numériques, systèmes de production automatisés, intelligence artificielle appliquée à la fabrication. NGen précise que l’enveloppe passe par son Advanced Manufacturing Technology Program, dédié à ramener des innovations canadiennes jusqu’au marché international.

Parmi les secteurs ciblés figurent les matériaux avancés, la défense et les procédés de fabrication IA. L’organisme est une fondation industrielle à but non lucratif, pas une agence gouvernementale, ce qui lui permet de sélectionner les projets avec des critères de rentabilité commerciale plutôt que politiques.

Hannover Messe 2026, vitrine choisie sciemment

Le choix du lieu n’a rien d’anodin. Hannover Messe, c’est plus de 130 000 visiteurs venus de 150 pays et 4 000 exposants. Pour un pays comme le Canada, qui mise sur le partenariat industriel pour compenser la taille limitée de son marché intérieur, c’est la bonne rampe de lancement pour forger des alliances.

La délégation canadienne rassemble une centaine d’entreprises positionnées sur l’IA, la robotique, les matériaux avancés et les procédés de fabrication de défense. Selon Jayson Myers, CEO de NGen, l’objectif est de montrer que le Canada sait convertir l’innovation en commercialisation, un point où le pays a historiquement eu du mal face aux États-Unis ou à l’Allemagne.

Une stratégie à contre-courant

Pendant que les États-Unis et l’Union européenne multiplient les annonces de plans de souveraineté industrielle avec des montants en milliards, le Canada avance avec des enveloppes plus modestes mais ciblées. La logique assumée : cofinancer la R&D appliquée avec l’industrie, pas subventionner tout un secteur.

Le modèle NGen repose sur un ratio industriel : 1 dollar fédéral attire 1,5 à 2 dollars privés. Sur les 62,7 millions annoncés, le fédéral pèse 25 millions et l’industrie 38 millions. C’est une approche qui fonctionne bien pour des projets à court terme de commercialisation, moins pour de la recherche fondamentale.

Pour les startups canadiennes de robotique, l’effet concret se mesure en mois de runway gagnés et en partenariats avec des industriels allemands rencontrés sur le salon. Dans un contexte où les grandes fondations IA et robotique concentrent les capitaux sur quelques acteurs américains, ce type d’initiative donne aux acteurs canadiens une chance réaliste de rester dans la course.

Source : The AI Insider.