Industrie

Amazon rachète discrètement le Suisse Rivr pour confier le dernier kilomètre à un robot quadrupède qui monte les escaliers

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Amazon a racheté en avril 2026 la start-up suisse Rivr, spin-off de l’ETH Zurich, sans faire d’annonce officielle. L’information a été révélée par CNBC après consultation d’une note envoyée aux prestataires de livraison du groupe. Le géant du e-commerce mise sur les robots quadrupèdes sur roues de Rivr pour fluidifier la livraison du dernier kilomètre, là où son propre robot Scout avait échoué en 2022.

L’opération est passée presque inaperçue. Les termes financiers du rachat n’ont pas été divulgués, mais le déroulé est cohérent. Amazon avait déjà investi dans la jeune pousse via son Industrial Innovation Fund, lancé en 2022 pour soutenir les technologies d’entreposage et de logistique. Bezos Expeditions, le véhicule de capital-risque de Jeff Bezos, avait également participé en mars dernier au tour de table initial de 22 millions de dollars. L’acquisition vient donc finaliser une approche progressive.

Robot quadrupède sur roues Rivr d'Amazon utilisé pour la livraison du dernier kilomètre
Crédit : Rivr / via @Ronald_vanLoon sur X

Un quadrupède sur roues né dans le sous-sol de l’ETH Zurich

Fondée en 2023 au sein de l’École polytechnique fédérale de Zurich, Rivr a développé un robot hybride qui combine deux modes de locomotion. L’engin roule sur quatre roues motorisées en terrain plat, puis bascule en marche quadrupède pour franchir les obstacles, monter les marches, traverser les bordures de trottoir. C’est cette polyvalence qui intéresse Amazon : en ville, le dernier kilomètre n’est plus seulement une question de distance, c’est une succession de marches, de portes et de paillassons.

Le robot embarque plusieurs systèmes de sécurité anti-collision et dispose de feux pour rester visible la nuit. Pour la livraison effective, il ouvre une trappe latérale et dépose le colis sur le paillasson du client. Selon la communication de Rivr, chaque machine peut effectuer jusqu’à 200 livraisons par jour, soit le double de la cadence d’un livreur humain à pied dans le même environnement urbain.

Un copilote pour le livreur, pas un remplaçant immédiat

Dans sa notification aux delivery service partners, Amazon a précisé que la technologie doit aider les chauffeurs à transporter les colis du véhicule jusqu’aux portes des clients. Le scénario type : le robot embarque dans la camionnette avec le livreur, ils arrivent dans un quartier, et chacun prend une direction différente. Le livreur s’occupe des adresses complexes (interphones, codes), Rivr couvre les pavillons et les immeubles classiques. Concrètement, le constructeur estime que sa machine prend en charge environ un tiers à la moitié des arrêts d’une tournée standard.

Avant le rachat, Rivr avait déjà des contrats opérationnels. Au Royaume-Uni, ses robots livrent des repas depuis quelques restaurants à Milton Keynes avec Just Eat. À Zurich, l’entreprise teste un programme avec Swiss Post pour le e-commerce. Aux États-Unis, un partenariat existe avec le transporteur Veho à Austin et dans plusieurs autres villes. Amazon veut maintenant intégrer ces machines à sa propre logistique, en commençant par des tests terrain dans les prochains mois pour collecter des retours opérationnels avant tout déploiement à grande échelle.

Le fantôme de Scout plane toujours

Le pari n’est pas anodin pour Amazon. En 2019, le groupe avait lancé Scout, son propre robot de livraison autonome à six roues, conçu pour rouler sur les trottoirs. Le projet avait été progressivement abandonné en 2022, victime de ses limites techniques face aux escaliers, aux obstacles imprévus et aux trottoirs encombrés. Trois ans après, Amazon revient sur le sujet avec une approche différente : plutôt que de développer en interne, le groupe s’offre une équipe déjà rodée, des prototypes éprouvés sur le terrain européen, et surtout une plateforme matérielle qui sait gérer ce qui faisait planter Scout, les marches.

Le timing est aussi stratégique. Alors que la concurrence sur l’automatisation de la logistique s’intensifie (FedEx avec sa flotte de robots, UPS qui investit dans les drones, Walmart qui multiplie les partenariats), Amazon ne peut pas se permettre de rester en retrait sur le dernier kilomètre, qui pèse parfois jusqu’à la moitié du coût total d’une livraison.

Source : Métropolitaine citant CNBC.

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