Anthropic veut attribuer 5 % de son capital à un nouveau fonds d’intérêt public, sous réserve de l’accord de ses actionnaires. La participation pourra ensuite augmenter de deux points, à la discrétion du conseil d’administration, chaque fois que la valorisation de l’entreprise progressera de 50 % au-dessus d’un seuil qui n’a pas encore été rendu public.
Un fonds détenu par Anthropic
Le Anthropic Public Benefit Fund prendra la forme d’une société à responsabilité limitée entièrement détenue par Anthropic. L’entreprise explique avoir retenu cette structure pour pouvoir combiner plusieurs modes d’intervention, notamment des dons à des organisations à but non lucratif ou des versements directs à certaines populations.
Les actions placées dans cette entité ne pourront pas servir à financer du lobbying ou des contributions politiques, aux États-Unis comme à l’étranger. Anthropic promet de détailler dans les prochains mois la gouvernance du fonds ainsi que les niveaux de valorisation susceptibles de déclencher une hausse de sa participation.
Le travail et les effets économiques de l’IA parmi les priorités
Anthropic cite les conséquences de l’intelligence artificielle sur l’emploi comme premier terrain possible. L’entreprise estime que les gains économiques associés aux systèmes avancés peuvent s’accompagner d’une période d’instabilité pour de nombreux travailleurs. Elle avait déjà annoncé 200 millions de dollars pour étudier et traiter ces effets dans le cadre de son programme Economic Futures.
Le nouveau fonds doit offrir une marge de manœuvre plus importante que les activités conduites directement dans l’entreprise. Anthropic conserve en interne ses recherches sur la sécurité et l’interprétabilité, ses travaux biomédicaux appliqués et les remises accordées aux associations ou aux institutions scientifiques, car ces programmes peuvent aussi soutenir son activité commerciale.
Environ 20 % des actions liées à des engagements d’intérêt public
Les cofondateurs d’Anthropic avaient promis, lors de la création de l’entreprise, de donner 80 % de leurs participations personnelles. Un programme interne permet également aux salariés de promettre une partie de leurs actions, avec une contribution équivalente de l’entreprise. Environ la moitié des effectifs y participeraient.
En cumulant ces engagements avec le fonds annoncé le 18 octobre, Anthropic affirme qu’environ 20 % de ses actions seront destinées à l’intérêt public. Ce pourcentage ne correspond pas entièrement à une participation déjà transférée : il additionne plusieurs mécanismes, certains personnels et d’autres soumis à approbation ou à des conditions futures.
Une promesse qui devra être documentée
Le dispositif lie directement la capacité financière du fonds à la croissance d’Anthropic. Plus la valorisation augmente, plus la part potentiellement affectée au fonds peut progresser. Cette mécanique pourrait créer une ressource importante, mais sa portée dépendra de la gouvernance, du seuil de valorisation, des bénéficiaires choisis et du calendrier réel des distributions.
Anthropic prévoit un rapport public sur ses missions ainsi que de nouvelles informations sur le fonds. Ces publications permettront de vérifier la valeur effectivement transférée, les décisions prises et les résultats obtenus. Pour l’instant, l’annonce fixe une architecture et un pourcentage initial, sans encore chiffrer la valeur des 5 % concernés.
