Anthropic a lancé mardi Claude Sonnet 5, une version nettement plus autonome de son modèle d’IA de milieu de gamme. L’entreprise le présente comme capable de planifier, d’utiliser des outils comme des navigateurs et des terminaux, et de fonctionner seul à un niveau qui exigeait il y a quelques mois encore des modèles bien plus gros et coûteux.
La capacité agentique devient la norme
Le positionnement d’Anthropic fait écho à celui de ses rivaux. OpenAI a lancé la semaine dernière GPT-5.6 Sol en préversion, présenté comme son modèle le plus agentique, capable de répartir le travail entre sous-agents pour des tâches longues. Google avait fait de même en mai avec Gemini 3.5 Flash, pensé comme un outil qui planifie, construit et itère avec un minimum de supervision humaine.
Sonnet 5 confirme cette bascule : l’autonomie n’est plus un luxe réservé au haut de gamme, mais la nouvelle attente de base à tous les niveaux de prix. Le vrai terrain de différenciation devient donc le coût et la fiabilité sans surveillance humaine, plutôt que la seule performance brute.
Des tarifs qui bousculent la concurrence
C’est là qu’Anthropic frappe fort. Sonnet 5 promet des performances proches de celles d’Opus 4.8, le modèle haut de gamme de la maison, pour un coût bien inférieur. Au lancement, il est facturé 2 dollars par million de jetons en entrée et 10 dollars en sortie jusqu’au 31 août, avant de passer à 3 et 15 dollars.
À ce tarif, Sonnet 5 se révèle moins cher qu’Opus 4.8, mais aussi que le GPT-5.5 d’OpenAI et le Gemini 3.1 Pro de Google. Il devient le modèle par défaut des offres gratuite et Pro, et reste accessible aux abonnements Max, Team et Enterprise, ainsi que via Claude Code et l’API.
Des progrès mesurés, y compris sur la sûreté
Sur le plan technique, Sonnet 5 marque de nets progrès face à son prédécesseur Sonnet 4.6, sorti en février. Sur un test de codage agentique, il obtient 63,2 %, contre 58,1 % pour l’ancien modèle et 69,2 % pour Opus 4.8. Sur une évaluation de travail intellectuel, il dépasse même légèrement Opus 4.8, réputé pour ses jugements les plus subtils.
Anthropic met aussi en avant un meilleur comportement en matière de sûreté. Le modèle refuse plus proprement les requêtes malveillantes, résiste mieux aux tentatives d’injection de requête, et hallucine moins que Sonnet 4.6. L’entreprise précise toutefois qu’il possède une capacité nettement plus faible que ses modèles Opus à mener des tâches de cybersécurité dangereuses, un choix assumé pour un modèle destiné à tourner en autonomie.
