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Au G7, Anthropic et Google DeepMind plaident pour une coalition de l’IA menée par les États-Unis, et le Canada dit oui

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Lors d’un déjeuner à huis clos au sommet du G7, les patrons d’Anthropic et de Google DeepMind ont appelé à une coalition internationale de l’intelligence artificielle pilotée par les États-Unis. Le Premier ministre canadien Mark Carney s’est dit favorable à ce leadership américain. Mais la réunion n’a débouché sur aucun engagement contraignant.

Un déjeuner à Évian, une dizaine de patrons de la tech

La scène s’est jouée à Évian-les-Bains, en France, le dernier jour des trois jours de sommet. Selon des sources citées par CNBC, Dario Amodei (Anthropic) et Demis Hassabis (Google DeepMind) ont profité de ce déjeuner pour défendre l’idée de règles et de standards internationaux façonnés sous la houlette de Washington. Une dizaine de dirigeants de la tech étaient présents aux côtés des chefs d’État du G7, dont le président américain Donald Trump, accompagné de plusieurs membres de son administration.

Amodei a estimé que la coopération internationale devait inclure un accès structuré aux modèles d’IA de pointe, ainsi qu’un commerce des puces et des composants critiques excluant la Chine. Il a aussi plaidé pour une coordination face aux risques liés aux cyberopérations, au bioterrorisme et au renseignement.

Un forum plutôt qu’un traité

Sam Altman, patron d’OpenAI, également présent, a appelé à la création d’un forum international chargé d’établir des standards de test mondialement acceptés, de fournir une analyse impartiale des capacités et des risques, et de servir de lieu de coopération entre nations. Chris Lehane, responsable des affaires mondiales d’OpenAI, a indiqué que des dirigeants non américains avaient reconnu que les États-Unis pouvaient jouer ce rôle moteur.

La rencontre n’a produit ni engagement contraignant ni annonce réglementaire. Plusieurs témoignages la décrivent comme une conversation plutôt qu’une négociation. Le bilan du G7 sur la gouvernance de l’IA, du processus d’Hiroshima de 2023 aux promesses de la présidence canadienne de 2025, se résume jusqu’ici à des principes et des codes de conduite, sans réglementation applicable.

Le paradoxe Anthropic

L’appel à un leadership américain prend un relief particulier au vu du contexte. Anthropic est en pleine négociation avec l’administration Trump après que le gouvernement a imposé, le 12 juin, des contrôles à l’exportation sur ses modèles Fable 5 et Mythos 5, au nom de la sécurité nationale et après un contournement de sécurité signalé. L’entreprise a désactivé ces deux modèles dans le monde entier pour se conformer.

Autrement dit, la demande d’Amodei de voir les États-Unis diriger la gouvernance mondiale de l’IA est arrivée cinq jours seulement après que ce même gouvernement a forcé la mise hors ligne de ses produits phares. La tension illustre la position inconfortable des laboratoires : se présenter comme des partenaires indispensables de Washington dans la compétition technologique mondiale, tout en contestant les contrôles que Washington impose à leurs propres modèles. Autour de la table figuraient aussi Arthur Mensch (Mistral), Aidan Gomez (Cohere) ou encore des dirigeants venus d’Italie, d’Inde et du Japon, signe de l’effort français pour donner à la discussion une dimension mondiale.