Xpeng confirme son calendrier le plus agressif à ce jour. Le constructeur chinois va produire en masse son robot humanoïde Iron au quatrième trimestre 2026 et ses voitures volantes dès 2027, selon son président Brian Gu interrogé par Reuters avant le salon automobile de Pékin.
La communication de Brian Gu fixe des jalons précis. L’usine d’Iron démarrera en Q4 2026, avec une commercialisation externe qui débutera en 2027. Dans le ciel, la Land Aircraft Carrier, ce véhicule hybride qui combine une base roulante à six roues et un module eVTOL biplace détachable, entrera en production de volume dès 2026 avant une livraison à grande échelle en 2027. Plus de 7 000 précommandes ont déjà été enregistrées, en grande majorité en Chine.
Le robot Iron devient un « vendeur » avant d’être un ouvrier
Iron n’est pas un humanoïde comme les autres. Présenté en novembre 2025 à l’AI Day de Guangzhou, le robot mesure 1,73 mètre pour environ 70 kilos, revendique 200 degrés de liberté, des mains à 22 articulations et une vision à 720 degrés. Il tourne sur la même puce Turing et le même modèle Vision-Langage-Action (VLA) qui équipent les voitures Xpeng, exactement comme Tesla utilise la même pile neuronale pour Optimus et le Full Self-Driving.
Brian Gu a aussi précisé l’usage initial : Iron arrivera d’abord en entreprise comme réceptionniste et assistant commercial, pas sur les chaînes de montage. Une stratégie qui mise sur la relation client et la démonstration avant la tâche industrielle, là où Unitree, UBTECH ou Figure poussent d’abord vers l’usine.
Xpeng adopte la doctrine Tesla à la lettre
Le parallèle avec Tesla est devenu explicite. Xpeng a supprimé le LiDAR de ses modèles phares 2026 pour passer à une architecture caméra-first, calquée sur la position d’Elon Musk. Le constructeur utilise le gigacasting pour ses voitures, vend en direct sans concessionnaires, et parle désormais d’« IA physique » dans les mêmes termes que le patron de Tesla.
Cette convergence ne date pas d’hier. Tesla avait attaqué en justice un ancien ingénieur qui aurait emporté du code Autopilot chez Xpeng, un contentieux toujours présent dans la perception du constructeur. Les interfaces logicielles équivalentes au FSD sont régulièrement comparées aux écrans Tesla par les utilisateurs. Dans presque tous les cas, Tesla avance et Xpeng suit, avec un décalage de quelques mois à deux ans.
L’écosystème chinois sert de rampe de lancement
La Chine dispose d’un avantage réglementaire que l’Ouest peine à reproduire. Shenzhen a construit plus de 1 200 plateformes d’atterrissage pour eVTOL, contre environ 92 aux États-Unis dont la plupart restent au stade du permis. Ce terrain de jeu permet à Xpeng d’industrialiser vite, de collecter des données de vol réelles et d’affiner ses modèles.
À l’international, le constructeur mise sur Volkswagen, avec qui la production conjointe de l’ID.Unyx 08 a démarré en mars 2026. Les ventes hors Chine représentaient 10 % des volumes et 15 % du chiffre d’affaires en 2025. L’objectif affiché : dépasser 50 % de revenus internationaux d’ici dix ans.
Le robotaxi en parallèle
Xpeng n’oublie pas l’auto autonome. Des tests de robotaxis dédiés débuteront à Guangzhou en 2026, avec 2027 en année pivot pour des essais mondiaux avec partenaires. Brian Gu évoque entre plusieurs centaines et quelques milliers de robotaxis produits sur les 12 à 18 prochains mois, tous animés par le modèle VLA générative de Xpeng avec capacités SAE de niveau 4 d’entrée de gamme.
Concrètement, Xpeng tente de marcher sur trois jambes en même temps : voitures électriques à volume, humanoïde industriel, et véhicules volants. Le Q4 2026 sera le premier vrai test de crédibilité pour le robot Iron, au moment même où Tesla promet la production à grande échelle d’Optimus V3. La course IA physique entre Guangzhou et Fremont entre dans sa phase industrielle.
Sources : Automotive World, Seeking Alpha (Reuters), communiqué Xpeng AI Day.