L’IA physique quitte les vidéos de démonstration pour entrer sur une vraie chaîne de production. La société Autonomique annonce que des robots pilotés par sa plateforme passent du pilote au déploiement chez F&P Mfg., un équipementier automobile de rang 1 basé au Canada. C’est l’une des premières entreprises d’IA physique à franchir ce cap vers une ligne de production active.
Du pilote payant à la production
La collaboration a démarré à l’automne 2025 avec un pilote rémunéré. Un robot bi-manuel monté sur roues y exécutait une tâche d’assemblage multi-pièces de précision, sur des composants de châssis et de suspension automobiles. Les résultats se sont révélés constants. Conséquence directe : le système passe désormais sur la ligne de production en conditions réelles et s’étend à de nouvelles tâches.
F&P Mfg. est une filiale du japonais F.tech, coté à Tokyo. Les deux sociétés préparent un partenariat stratégique qui verrait les robots équipés d’Autonomique déployés à grande échelle, sur plusieurs tâches et plusieurs usines du réseau mondial de F.tech.
Une architecture pensée pour s’adapter
Les industriels font face à des pénuries de main-d’œuvre, à des coûts en hausse et à une complexité de production croissante. L’automatisation classique, taillée pour des tâches fixes et répétitives, peine à suivre. Autonomique répond avec une architecture qu’elle nomme généraliste-spécialiste. Elle permet à des robots industriels de percevoir, raisonner et exécuter des enchaînements en plusieurs étapes, tout en s’adaptant vite à de nouvelles tâches sans réentraînement lourd.
L’objectif affiché : une souplesse proche de celle d’un humain, mais avec les temps de cycle, la fiabilité, la précision et la réduction des rebuts qu’exige une production réelle. La plateforme se veut agnostique vis-à-vis du matériel. Chaque déploiement sert alors de modèle réutilisable pour passer à d’autres tâches, d’autres lignes et d’autres sites.
Des investisseurs venus de la robotique
Autonomique est soutenue par un consortium d’investisseurs spécialisés, mené par White Star Capital, aux côtés de Garage Capital, iNovia et du fonds Innovobot IRV. On y trouve aussi des opérateurs reconnus du secteur, dont les cofondateurs de Clearpath Robotics et d’OTTO Motors, Ryan Gariepy, Matt Rendall et Bryan Webb. Pour le fondateur Vikrant Tomar, le marché reste saturé de systèmes spectaculaires en démonstration mais qui échouent sous les contraintes d’une vraie production. Passer ce cap est précisément ce qui sépare le prototype de l’usine.