Fabriquer un robot humanoïde ressemble à fabriquer un humain : ce sont les jambes qui coûtent le plus cher. Une analyse de Morgan Stanley chiffre la nomenclature complète de l’Optimus Gen 2 de Tesla à environ 55 000 dollars. Et le poste le plus lourd, c’est la marche.
Les jambes pèsent 38 % de la facture
Les composants de locomotion, jambes et matériel associé, reviennent à près de 21 000 dollars. Soit environ 38,6 % du coût total de fabrication. C’est de loin le premier poste de dépense du robot.
Derrière, ce sont les mains qui pèsent le plus, autour de 9 500 dollars, soit 17,2 % de la nomenclature. Les épaules, la taille et le bassin complètent les catégories les plus onéreuses. La banque rappelle un principe connu en robotique : déplacer un corps bipède de façon stable et sûre demande des actionneurs puissants, précis et chers.
Un prix de vente très inférieur au coût
Le détail tombe à un moment sensible. Elon Musk répète depuis des mois qu’il vise un prix grand public de 20 000 à 30 000 dollars pour Optimus à grande échelle. Autrement dit, moins de la moitié du coût de fabrication actuel estimé par Morgan Stanley.
Pour tenir cet objectif, Tesla devra faire chuter le prix de ses actionneurs. C’est tout l’enjeu de l’intégration verticale : concevoir ses propres moteurs, ses réducteurs et son électronique de puissance plutôt que d’acheter des composants standards. Le pari est que le volume de production fasse le reste.
Le vrai coût se joue dans la chaîne d’approvisionnement
La nomenclature met aussi en lumière un point que les démonstrations vidéo masquent. Le cerveau logiciel et la perception visuelle progressent vite et coûtent relativement peu une fois entraînés. Le corps, lui, reste cher à produire. Articulations, capteurs de couple, mains à plusieurs degrés de liberté : chaque pièce mécanique se paie.
Concrètement, la bataille des humanoïdes ressemble de plus en plus à une bataille industrielle classique. Celui qui maîtrisera le coût des actionneurs et sécurisera ses fournisseurs prendra l’avantage. Tesla a l’avantage de son expérience automobile et de ses usines. Reste à transformer un prototype à 55 000 dollars en produit vendable en série.
Source : analyse Morgan Stanley relayée par Cryptobriefing.
