Pour la première fois en Allemagne, BMW va intégrer des robots humanoïdes à ses lignes de montage. Le constructeur bavarois a annoncé vendredi le lancement de son projet « Physical AI » sur le site de Leipzig, avec un démarrage de la phase pilote prévu pour l’été 2026.
Le robot AEON entre dans l’usine
C’est avec Hexagon, groupe suédois spécialisé dans les technologies de mesure et de fabrication, que BMW a développé ce programme. Le robot retenu s’appelle AEON. Ses premiers tests à l’usine de Leipzig, menés fin 2025, ont donné des résultats jugés concluants par le constructeur. Une dernière phase d’expérimentation est prévue en avril 2026 avant le lancement officiel de la phase pilote.
L’objectif affiché est d’intégrer ces machines à la production automobile actuelle, tout en explorant des applications dans la fabrication de batteries et de composants électroniques. BMW ne parle pas de suppressions d’emplois : les robots sont présentés comme des auxiliaires pour les tâches les plus répétitives et les plus physiquement exigeantes.
Déjà 30 000 BMW X3 produits avec l’aide de robots aux États-Unis
Ce projet de Leipzig n’est pas le premier du genre pour BMW. L’an dernier, l’usine américaine de Spartanburg, la plus automatisée du groupe, avait servi de terrain d’essai avec Figure AI. Pendant dix mois, le robot Figure 02 a participé à la production de plus de 30 000 BMW X3.
Les chiffres donnent une idée de l’échelle de l’expérience : 90 000 composants déplacés, 1,2 million de pas parcourus, 1 250 heures de travail effectif. La tâche confiée aux robots consistait à positionner des pièces de tôlerie avec une précision au millimètre pour les opérations de soudage, une opération à la fois technique et physiquement éprouvante pour les ouvriers humains.
Pourquoi c’est un signal important
BMW n’est pas une startup qui cherche à faire parler d’elle. C’est l’un des constructeurs automobiles les plus profitables au monde, avec des usines parmi les plus automatisées du secteur. Quand une telle entreprise décide de franchir le pas avec des robots humanoïdes en production de série, ça change la nature du débat.
Jusqu’ici, la plupart des déploiements de robots humanoïdes relevaient de la démonstration ou du pilote en conditions contrôlées. Leipzig représente un passage vers une intégration industrielle réelle, avec des contraintes de cadence, de sécurité et de fiabilité bien plus exigeantes.
Concrètement, BMW rejoint une liste d’industriels qui misent sur l’IA physique : Hyundai avec Boston Dynamics, Mercedes avec Apptronik, Amazon avec ses propres systèmes robotiques. Le secteur automobile devient un laboratoire grandeur nature pour la robotique humanoïde.
Un marché encore naissant mais qui s’accélère
Le marché mondial des robots humanoïdes a livré 13 317 unités en 2025, selon les données Forbes. Un chiffre modeste, mais le secteur devrait croître de façon quasi exponentielle pour atteindre 2,6 millions d’unités annuelles d’ici 2035. Les constructeurs automobiles, avec leurs usines gigantesques et leurs besoins en main-d’oeuvre qualifiée pour des tâches répétitives, représentent un débouché naturel pour ces machines.
L’été 2026 sera une date à retenir pour voir si le projet de Leipzig tient ses promesses en conditions réelles.

