Le géant chinois BYD veut profiter de l’essor mondial de la robotique. Le constructeur automobile, déjà connu pour ses voitures électriques et ses batteries, travaille sur un robot humanoïde. L’information a été confirmée par une dirigeante du groupe, qui voit dans la robotique le prolongement naturel de son métier.

« BYD développe aussi des robots humanoïdes »
« BYD développe aussi des robots humanoïdes », a déclaré Li Ke, vice-présidente exécutive du groupe, dans un entretien publié par le portail économique chinois Diyi Caijing. Chez BYD, on considère que les voitures et les robots bipèdes relèvent d’une même famille : celle de l’intelligence artificielle incarnée. Les deux mondes partagent une large part de leurs briques technologiques.
L’argument n’est pas propre à BYD. L’équipementier Mobileye a tenu un raisonnement similaire en rachetant la start-up Mentee. Pour Li Ke, « la compétition dans la robotique déterminera au final qui dispose des meilleures capacités de fabrication, de logiciel et de matériel ». L’IA développée pour l’automobile, dit-elle, partage les mêmes racines que celle de la robotique.
Des robots avec « du cerveau et des jambes »
BYD ne semble pas satisfait des humanoïdes actuellement disponibles pour ses usines de voitures et de batteries. Selon le portail technologique chinois 36Kr, Li Ke estime que les robots chinois n’ont « pas de cerveau », tandis que les modèles américains ont « un cerveau bien développé mais des membres sous-développés ».
L’objectif affiché est donc de bâtir « des robots réellement utiles, avec un cerveau bien développé et des membres bien développés ». Si un tel robot venait à sortir, BYD en serait aussi le premier client : ses propres lignes de production absorberaient une partie de la demande.
Un programme déjà ancien
Les rumeurs sur la robotique maison de BYD reviennent depuis plusieurs années. Le portail chinois Dianche Tong a évoqué un programme au nom de code « Yao, Shun et Yu », en référence à trois souverains légendaires de la Chine antique.
L’entrée de BYD dans la course aux humanoïdes confirme une tendance lourde : les constructeurs automobiles voient dans le robot bipède une extension de leur savoir-faire industriel. Tesla avec Optimus, Xpeng avec Iron, et désormais BYD. Le constructeur le plus volumineux du marché électrique chinois rejoint un terrain déjà très encombré, où la promesse d’un robot vraiment polyvalent reste, pour l’instant, à démontrer.