Carrefour fait entrer les humanoïdes dans ses entrepôts. Alexandre Bompard, le PDG du groupe, a dévoilé sur LinkedIn les premiers essais d’un robot humanoïde sur le site logistique de Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Le projet est mené avec Capgemini.

Un robot pour les tâches pénibles
L’objectif affiché par le numéro deux français de la distribution est clair. Confier aux machines les opérations les plus physiques et répétitives, comme le port de charges lourdes. Sur les images partagées par le dirigeant, le robot transporte un bac rempli de produits le long d’une allée de préparation de commandes.
Pour l’instant, la machine avance à petite vitesse, presque hésitante. Carrefour ne cache pas que l’expérimentation reste à un stade précoce. L’enseigne parle d’assistants destinés à épauler les opérateurs logistiques, pas à les remplacer. Le discours est prudent, mais le signal est fort : les humanoïdes commencent à quitter les laboratoires pour entrer dans les chaînes logistiques de la grande distribution.
La logistique, terrain d’essai des humanoïdes
Carrefour n’est pas seul sur ce créneau. Le prestataire GXO Logistics, qui gère les flux de nombreuses grandes enseignes, déploie déjà les humanoïdes Digit d’Agility Robotics. Amazon teste les mêmes machines dans certains de ses centres américains, et envisage aussi de les utiliser pour la livraison de colis.
L’entrepôt est un environnement bien adapté aux premiers déploiements. Les sols sont plats, les rayonnages standardisés, les trajets balisés. Un robot y rencontre moins d’imprévus que dans une rue ou un domicile. C’est pourquoi la plupart des constructeurs visent d’abord l’usine et la logistique avant le grand public.
Pourquoi ce test compte
Avec Renault qui a installé le robot Calvin de Wandercraft à Douai, et désormais Carrefour qui s’associe à Capgemini, la France voit ses grands groupes passer de la veille technologique aux essais réels. La pénurie de main-d’œuvre sur les postes pénibles et le coût de l’absentéisme poussent les directions à chercher des solutions concrètes.
Reste la question du modèle économique. Un humanoïde coûte cher, demande de la maintenance et n’égale pas encore la dextérité d’un opérateur humain sur les tâches fines. Carrefour avance donc par étapes, en mesurant ce que la machine sait réellement faire en conditions de production. Le test de Villeneuve-la-Garenne servira de juge de paix avant tout déploiement plus large.
