Chine et Asie

CATL met son robot humanoïde Galbot S1 au travail dans son usine de batteries, alimenté par ses propres cellules

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

AGIBOT a sorti ses robots humanoïdes du laboratoire pour les installer sur une vraie chaîne de production, sous l’œil permanent des caméras. Depuis le 23 juin, plusieurs unités de son modèle G2 travaillent à l’usine Longcheer de Nanchang, dans la province du Jiangxi, sur une ligne d’assemblage de tablettes.

Robot humanoïde AGIBOT G2 effectuant un contrôle qualité sur une ligne d'assemblage de tablettes électroniques en Chine
Illustration RoboActu

Six jours de production filmés en continu

Le dispositif a de quoi marquer les esprits. Du 23 au 28 juin, l’opération est diffusée en direct chaque jour de 8h à 19h, calée sur les horaires réels de l’usine. Les G2 ne font pas une démonstration de quelques minutes : ils tiennent la cadence de la ligne, sans interruption, aux côtés des opérateurs humains.

Concrètement, les robots prennent en charge toute l’étape de contrôle qualité de la production de tablettes. Cela couvre les tests d’interface multimédia, les vérifications audio et les contrôles de rayonnement. Des tâches répétitives qui, en temps normal, mobilisent des ouvriers pendant de longues heures et exigent une concentration constante.

L’industrie devient le vrai terrain de jeu des humanoïdes

Cette mise en scène rappelle un autre direct remarqué cette année. L’américain Figure avait fait fonctionner un humanoïde pendant 200 heures d’affilée dans un entrepôt logistique, pour prouver l’endurance de sa machine sur des tâches de tri. Deux pays, deux entreprises, mais le même message : les robots humanoïdes quittent la phase de prototype pour entrer dans des environnements de production réels.

Le choix du contrôle qualité électronique n’est pas anodin. Dans ce secteur, l’inspection repose encore largement sur la main-d’œuvre. Les ouvriers enchaînent vérifications d’écran, tests de boutons et contrôles sonores, avec un niveau de rigueur difficile à maintenir sur la durée. Pour les usines, ces postes posent des problèmes de recrutement et de constance.

Du spectacle technique à la preuve de valeur

Le secteur de la robotique humanoïde change de logiciel. Pendant des années, la course portait sur la vitesse, les sauts ou l’agilité des mouvements. Aujourd’hui, les industriels veulent savoir combien d’heures de travail un robot peut absorber, combien il fait économiser et quel gain de productivité il génère.

AGIBOT n’est pas seul à viser les ateliers. UBTECH s’attaque aux usines automobiles, Zhejiang Humanoid Robot s’installe dans la chimie, et le mouvement s’accélère côté chinois. Pour ces fabricants, l’argument décisif ne sera plus une fiche technique impressionnante, mais la capacité à déployer à grande échelle des machines qui tiennent jour après jour. Le pari d’AGIBOT, c’est de le montrer en direct plutôt que de le promettre.