Industrie

Dexory passe à la vitesse supérieure : son robot d’inventaire scanne désormais les entrepôts jusqu’à 18 mètres de haut

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Dans un entrepôt, les rayonnages les plus hauts sont souvent les plus mal suivis. La startup britannique Dexory veut en finir avec cet angle mort. Elle vient de lancer une plateforme entièrement repensée de son robot d’inventaire autonome, capable de scanner jusqu’à 18 mètres de hauteur, contre 14 auparavant. Pas une simple mise à jour, mais un nouveau châssis complet.

Un scanner mobile qui voit tout l’entrepôt

Le robot Dexory n’attrape rien et ne déplace aucune palette. Son métier, c’est de voir et de mesurer. Il embarque un LiDAR pour la reconstruction 3D volumétrique, des caméras couleur qui fonctionnent en basse lumière, et d’autres modes de perception qui produisent ce que le cofondateur et PDG Andrei Danescu décrit comme un jeu de données multimodal très riche. Chaque scan d’emplacement renvoie une reconstruction 3D, des photos, les données de codes-barres et un historique de ce qui a été stocké à cet endroit.

« Notre robot doit être hyperactif et conscient. C’est un scanner autonome qui doit être extrêmement précis, parce que la qualité de la reconstruction 3D dépend entièrement de l’intégrité des données qu’il capture », explique Danescu. La nouvelle plateforme tient une cadence de 15 000 à 16 000 emplacements de palettes par heure, contre 10 000 sur la génération précédente. Plus de vitesse, c’est plus de passages par poste de travail, donc des données plus fraîches.

Une culture industrielle inspirée du Skunk Works

Sur le site de production, en pleine extension, Dexory affiche un objectif clair : passer de quatre à six robots par semaine à quinze ou vingt. Les ingénieurs travaillent au pied de la ligne d’assemblage plutôt que dans des bureaux à l’étage. Danescu assume ce choix. Selon lui, l’organisation verticale crée une hiérarchie qui pousse des techniciens expérimentés à s’effacer devant de jeunes diplômés, non parce que ces derniers ont raison, mais parce que l’organigramme le dicte.

Le modèle qu’il revendique est celui du Skunk Works, le programme de développement avancé de Lockheed Martin qui a produit certains des avions les plus complexes jamais construits, en plaçant concepteurs et fabricants dans la même pièce. L’idée : raccourcir la distance entre celui qui conçoit et celui qui assemble, repérer les erreurs plus tôt, avancer plus vite.

Du sur-mesure jusqu’aux boulons

Cette philosophie se lit dans ce que l’entreprise choisit de fabriquer elle-même. Dexory produit ses propres boulons sur mesure et jusqu’à ses propres commutateurs réseau. Une intégration verticale poussée à l’extrême, qui rappelle les choix de constructeurs comme Tesla sur ses humanoïdes, et qui vise à garder la main sur chaque maillon de la chaîne de précision. Pour une machine dont toute la valeur tient à l’exactitude de ses mesures, ce contrôle de bout en bout n’a rien d’anecdotique.