En Chine, des robots humanoïdes commencent à travailler dans les pharmacies de quartier

Robot humanoïde ZERITH-H1 préparant une commande dans une pharmacie chinoise

Ce n’est plus de la science-fiction ni un simple show de conférence. Dans plusieurs villes chinoises, des robots humanoïdes ont commencé à prendre leurs premiers quarts de travail dans des pharmacies de quartier, préparant les commandes en ligne avec une autonomie qui aurait semblé irréaliste il y a deux ans.

Robot humanoïde dans une pharmacie chinoise, préparant une commande en ligne
Crédit : @CyberRobooo / X

Du rayon au comptoir, sans intervention humaine

Le scénario est simple mais éloquent. Quand une commande en ligne arrive, le robot humanoïde reçoit la mission, navigue de façon autonome jusqu’au bon rayon, identifie et saisit le médicament concerné, puis l’apporte à la station de conditionnement. Le vendeur n’intervient qu’à la dernière étape pour emballer le colis. Le reste ? Géré par la machine.

C’est le ZERITH-H1, un robot humanoïde à roues développé par une startup chinoise spécialisée, qui incarne le mieux cette transition. Équipé d’un système de perception multimodale 3D, il tourne en continu face aux étagères : identification des produits, préhension précise, livraison interne. Les tests en conditions réelles montrent une exécution fluide, même avec des rangements complexes ou des produits de petite taille.

Le WAIC 2026 comme signal d’un changement de cap

Ce déploiement s’inscrit dans une rupture plus large que le WAIC 2026 a rendue visible. A Shanghai, où plus de 1 100 entreprises se sont réunies mi-juillet sur une surface d’exposition record de 100 000 m², le ton a radicalement changé. Finis les robots qui dansent ou font des acrobaties pour amuser la galerie. Cette année, le pavillon H3 dédié à l’intelligence embarquée n’exposait que des machines à l’oeuvre : désinfection, préparation de commandes, accueil, logistique interne.

Ant Group, le bras financier d’Alibaba, a été l’un des temps forts du salon avec ses propres robots humanoïdes positionnés dans un scénario de pharmacie connectée. L’objectif affiché : restructurer les workflows des entreprises par l’IA, pas simplement accélérer des tâches isolées. Cyril Han Xinyi, PDG d’Ant Group, a résumé la philosophie lors du salon : transformer la productivité collective d’une organisation, et pas seulement un poste de travail isolé.

Trois murs à franchir avant le déploiement massif

Pour autant, les experts restent prudents sur le rythme de progression. L’industrie chinoise de l’intelligence physique fait face à trois obstacles structurels : le mur des données (les corpus d’entraînement pour robots physiques sont encore dix mille fois plus petits que ceux des modèles de langage), le mur de la représentation (traduire le monde réel en signaux exploitables), et le mur de la boucle fermée (corriger les erreurs en temps réel).

Concrètement, cela signifie que ces déploiements restent pour l’heure cantonnés à des environnements très structurés, comme une pharmacie avec un agencement fixe et des produits stables. Le bond vers un supermarché classique, avec ses promotions permanentes et ses flux de clients imprévisibles, est encore loin.

Reste que le symbole est fort. En quelques semaines, la Chine est passée des démos spectaculaires de WAIC aux quarts de travail en pharmacie. C’est peut-être la meilleure preuve que la robotique humanoïde est entrée dans sa phase opérationnelle.

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