EverestLabs lance Navigator, une plateforme d’agents IA conçue pour surveiller et piloter les équipements des centres de tri. Le système est déjà testé par Caglia Environmental, avec la participation de Pellenc ST et Schneider Electric.
L’entreprise californienne relie sa nouvelle couche logicielle aux trieurs robotisés, aux convoyeurs et aux anciens automates d’une installation. L’objectif est de transformer les données produites par ces machines en recommandations, alertes et actions coordonnées, au lieu de laisser les opérateurs interpréter seuls plusieurs tableaux de bord.
Des agents reliés aux machines de tri
Navigator associe des modèles de vision qui classent les matériaux, des modèles vision-langage capables d’interpréter les flux et des agents spécialisés dans l’analyse ou le contrôle. Un opérateur peut interroger le système, créer une alerte ou lui demander d’identifier l’origine d’une contamination sur une ligne.
EverestLabs affirme que la plateforme peut surveiller l’état des équipements et coordonner leur fonctionnement en boucle fermée. Elle doit aussi se connecter aux réseaux de contrôle existants, y compris à des machines anciennes, sans imposer l’arrêt complet d’une usine pour les remplacer. Cette compatibilité sera déterminante dans un secteur où les lignes rassemblent souvent des équipements de générations et de marques différentes.
Un pilote chez Caglia Environmental
Caglia Environmental utilise Navigator dans son centre de récupération des matériaux. Pellenc ST, spécialiste du tri optique, et Schneider Electric participent à l’intégration du système dans leur écosystème industriel. Selon EverestLabs, l’outil peut réduire les périodes où un convoyeur tourne à vide, anticiper certaines pannes et repérer les pertes de matières valorisables.
Le fournisseur avance un gain potentiel de capacité compris entre 20 et 30 % dans certaines configurations. Ce chiffre provient de l’entreprise et n’a pas encore été vérifié par une évaluation indépendante. La phase pilote devra surtout montrer si les recommandations sont fiables, si les actions automatiques restent sûres et combien de temps les opérateurs consacrent à les valider.
Du robot isolé à l’orchestration de l’usine
Les robots de tri identifient puis saisissent des objets sur un tapis roulant. Navigator élargit ce périmètre : le logiciel observe le flux en amont et en aval, rapproche les mesures de plusieurs machines et cherche à optimiser l’ensemble du procédé. Pour un exploitant, la valeur ne viendra donc pas d’une nouvelle pince robotique, mais de la coordination de matériels déjà installés.
Cette approche soulève aussi une exigence de contrôle. Une mauvaise recommandation peut dégrader la qualité des matières ou interrompre une ligne entière. Les droits d’action, les journaux d’événements et la possibilité de reprendre la main devront être aussi importants que les performances des modèles.
Navigator illustre ainsi une évolution de l’automatisation industrielle : après l’installation de robots spécialisés, les fabricants cherchent désormais à orchestrer les équipements par une couche d’agents. Le pilote de Caglia donnera une première indication sur la capacité de cette architecture à fonctionner dans le désordre réel d’un centre de tri.
Sources : EverestLabs et Waste Dive.
