AIDIN Robotics a levé 16 milliards de wons, soit environ 10 millions d’euros, auprès de HD Hyundai Robotics et Samsung Venture Investment. L’opération doit accélérer trois chantiers liés à la robotique physique : des capteurs de force et de couple produits en volume, une automatisation du traitement de surface dans les chantiers navals et une main robotique à cinq doigts conçue pour l’industrie lourde.
Des capteurs pour mesurer le contact réel
Fondée en 2019 à partir de travaux menés à l’université Sungkyunkwan, en Corée du Sud, AIDIN Robotics développe des capteurs tactiles ainsi que des capteurs de force et de couple. Ces composants permettent à un robot de mesurer la pression exercée, la direction d’un effort ou le contact avec une pièce. Ils complètent donc la vision lorsque la machine doit saisir, polir ou manipuler un objet.
Selon l’entreprise, le financement réunit 13 milliards de wons apportés par HD Hyundai Robotics et 3 milliards par Samsung Venture Investment. AIDIN prévoit d’investir dans ses équipements de production, ses moyens de contrôle qualité et ses équipes de recherche. L’objectif annoncé est d’atteindre une capacité annuelle de 30 000 capteurs de force et de couple.
Un premier terrain d’essai dans les chantiers navals
Le partenariat doit d’abord porter sur l’automatisation du traitement de surface. Le polissage et le meulage de grandes structures restent des opérations physiques pénibles, avec des efforts de contact qui doivent être contrôlés en permanence. HD Hyundai Robotics apportera ses plateformes robotiques, tandis qu’AIDIN fournira ses capteurs et son logiciel de contrôle de force.
Les deux partenaires veulent tester ces solutions dans la construction navale et l’industrie lourde coréennes, avant une extension à d’autres usines et à des chantiers navals américains. AIDIN indique que ses capteurs sont déjà utilisés dans l’automobile, les équipements pour semi-conducteurs et la défense, et qu’ils sont exportés dans dix pays.
Une main robotique pour les tâches lourdes
HD Hyundai Robotics et AIDIN prévoient aussi de codévelopper une main robotique lourde à cinq doigts. Elle doit être montée sur l’humanoïde industriel que prépare HD Hyundai Robotics. Le projet devra exploiter les données de contact collectées sur site pour ajuster la force de préhension et résister aux contraintes d’un environnement de production.
AIDIN possède déjà une gamme de mains robotisées intégrant des capteurs de force aux doigts. Sa deuxième génération annoncée en 2026 compte 16 degrés de liberté, une charge utile portée à 20 kg et des capteurs tactiles répartis sur la main. La nouvelle version destinée au naval devra toutefois être adaptée à des outils, des pièces et des efforts plus importants.
Notre analyse
L’investissement ne se limite pas à financer un composant isolé. Il associe un fabricant de robots industriels, un spécialiste du toucher robotique et des sites capables de produire des données en conditions réelles. La capacité à contrôler précisément le contact reste un verrou pour passer de la démonstration humanoïde à des tâches répétables en usine.
Le seuil de 30 000 capteurs par an donnera aussi un indicateur concret de l’industrialisation d’AIDIN. Le succès dépendra désormais des performances mesurées sur les opérations de traitement de surface, puis de la robustesse de la future main à cinq doigts sur des cycles longs.
Sources : WOWTALE, Seoul Economic Daily et AIDIN Robotics.
