Industrie

Hexagon et Fill Maschinenbau lancent un pilote du robot humanoïde AEON dans une usine autrichienne

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Le constructeur de machines autrichien Fill Maschinenbau accueille un nouveau collègue dans son usine de Gurten. Hexagon Robotics, division robotique du groupe suisse Hexagon AB, vient d’annoncer un partenariat pour piloter son humanoïde AEON sur une ligne de production réelle, chez l’un des clients de Fill. Le robot va prendre en charge des tâches de machine tending, d’inspection et de support opérationnel.

Le robot humanoide AEON de Hexagon Robotics dans l'usine Fill Maschinenbau en Autriche
Illustration RoboActu

Un troisième client industriel après BMW

AEON enchaîne les déploiements. Hexagon avait dévoilé son humanoïde en juin 2025, puis l’avait envoyé en pilote chez BMW Leipzig en décembre 2025. En février 2026, le groupe allemand l’a présenté officiellement à Munich. La semaine dernière, Hexagon a aussi signé avec l’équipementier Schaeffler pour déployer une flotte d’AEON dans son réseau mondial d’usines, après un pilote conjoint réussi en 2025.

Le contrat avec Fill, publié le 5 mai, est le troisième contrat industriel public en six mois. Le robot va opérer dans une usine située à Gurten, dans la région autrichienne de l’Innviertel, où Fill produit des lignes d’assemblage et des équipements pour l’automobile, l’aéronautique et le sport. Les tâches confiées sont volontairement variées : alimenter une machine, scanner des pièces, vérifier des références, transporter des éléments d’un poste à l’autre.

Roues et bras au lieu de jambes

AEON ne ressemble pas tout à fait à ses concurrents. Le robot conserve un buste et deux bras humanoïdes pour la manipulation, mais Hexagon a fait le choix d’une base à roues plutôt que de jambes bipèdes. La raison est pragmatique. Sur un sol industriel plat, les roues consomment moins d’énergie, sont plus fiables et beaucoup plus rapides à certifier en sécurité. Le robot reste capable d’atteindre des étagères et des établis à hauteur d’homme.

Côté logiciel, AEON tourne sur la pile Nvidia Isaac. La firme suisse utilise Isaac Sim et Isaac Lab pour entraîner le robot en simulation avant tout déploiement physique, en réduisant les cycles d’apprentissage de plusieurs mois à quelques semaines. L’inférence embarquée passe par une carte Jetson Orin, avec une montée prévue vers la plateforme IGX Thor pour la sécurité collaborative.

Données spatiales et jumeaux numériques

Hexagon ne joue pas seulement le coup robotique. Le groupe est avant tout un spécialiste de la métrologie 3D et du jumeau numérique d’usine. AEON est équipé d’un capteur haute résolution qui remonte ses données dans Hexagon Reality Cloud Studio via la plateforme HxDR, intégrée à Nvidia Omniverse. En clair, chaque ronde du robot dans l’atelier alimente un modèle 3D en temps réel des installations de Fill.

C’est cette double valeur, exécution physique plus capture de données, qui distingue AEON des purs humanoïdes mobiles type Figure ou Apptronik. Pour un industriel comme Fill, la promesse n’est pas seulement de remplacer un opérateur sur une tâche. C’est aussi de remonter en continu des informations sur l’état des machines, la qualité des pièces et la productivité, dans un format directement exploitable par les équipes de méthodes.

Le pilote autrichien doit durer plusieurs mois. Hexagon attend des données concrètes sur l’intégration aux systèmes existants, la fiabilité dans un environnement de production complexe à forte variabilité, et le retour sur investissement par rapport à des solutions d’automatisation classiques. Si les chiffres tiennent, Fill pourrait à son tour passer à un déploiement de flotte, sur le modèle Schaeffler.

Source : Interesting Engineering, Engineering.com, Hexagon.

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