Le concept tient enfin une date. Au Festival de Cannes, Honor a confirmé que son Robot Phone sortira entre juillet et septembre 2026, soit le troisième trimestre commercial. C’est la première fois que le constructeur chinois s’engage sur une fenêtre aussi serrée pour ce smartphone à gimbal motorisé, présenté il y a près d’un an et resté jusqu’ici derrière la vitrine.
L’annonce a été faite à la « China Night » du festival, un événement où les invités ont pu tenir et utiliser l’appareil pour la première fois. Aux précédents salons, CES en janvier et MWC en mars, Honor maintenait son prototype sous cloche ou hors de portée. Le changement de posture trahit une maturité technique. Li Jian, le CEO de Honor, a personnellement validé le calendrier devant la presse.
Un gimbal 4 axes et la science d’image d’ARRI
L’autre nouveauté concerne le partenariat avec ARRI, scellé en mars dernier. Le fabricant allemand, référence mondiale pour les caméras de cinéma professionnelles avec sa série Alexa utilisée sur la quasi-totalité des grosses productions hollywoodiennes des quinze dernières années, intègre désormais « les éléments centraux de la science d’image ARRI » directement dans la pipeline photo du Robot Phone.
Concrètement, le Robot Phone embarque un gimbal motorisé à quatre degrés de liberté, ce qui en fait techniquement un mini-robot intégré au châssis du téléphone. Cette mécanique permet de réaliser des plans suivis stabilisés que les stabilisateurs logiciels classiques ne peuvent pas reproduire. Le capteur principal monté sur ce gimbal affiche 200 mégapixels.
Un positionnement assumé : le cinéma mobile
Honor ne cache plus son ambition. Le constructeur positionne le Robot Phone comme « la prochaine évolution du cinéma mobile et de l’innovation hardware IA ». L’idée : transformer un smartphone en outil de production audiovisuelle semi-professionnel, là où Apple et Samsung empilent les capteurs et la puissance de calcul logicielle, mais sans aller chercher la pièce mécanique.
Le pari technique a un coût. Un gimbal motorisé multiplie les points de défaillance mécaniques, alourdit l’appareil et complique l’étanchéité. Honor n’a pas encore communiqué sur le poids final ni sur le prix, mais le positionnement laisse deviner une cible premium, voire ultra-premium. Le constructeur a promis de dévoiler plus de détails techniques « très prochainement ».
La Chine d’abord, le reste plus tard
Une réserve majeure subsiste : le Robot Phone resterait, dans un premier temps, exclusif au marché chinois. Le constructeur n’a pas annoncé de date de sortie internationale, ce qui suit la stratégie de Honor pour ses appareils les plus expérimentaux, lancés à domicile avant un éventuel élargissement.
L’arrivée d’un téléphone qui flirte avec la robotique mobile s’inscrit dans une dynamique plus large. Les constructeurs chinois cherchent à différencier leurs flagships face à des iPhone et Galaxy de plus en plus convergents. Xiaomi mise sur la photographie computationnelle co-développée avec Leica, Oppo et Vivo poussent les zooms périscopiques. Honor, lui, ouvre la voie d’un produit hybride entre smartphone et caméra de cinéma. Reste à voir si le marché suivra, ou si l’objet finira en vitrine pour collectionneurs technophiles.