Hyundai Motor Group passe à la vitesse supérieure en robotique. Le groupe coréen a annoncé 26 milliards de dollars d’investissement aux Etats-Unis d’ici 2028, avec une ambition claire : produire 30 000 robots humanoïdes par an d’ici 2030. En parallèle, la startup coréenne DEEPX signe un partenariat élargi pour fournir les puces IA basse consommation qui équiperont ces machines.
26 milliards et une stratégie centrée sur l’IA physique
Chung Eui-sun, vice-président exécutif de Hyundai, a confirmé dans un entretien avec Semafor que la robotique et l’IA physique sont au coeur de l’évolution du groupe, bien au-delà de l’automobile. L’objectif : déployer des robots humanoïdes dans les usines Hyundai dès 2028.
Le groupe s’appuie sur Boston Dynamics, dont il détient le contrôle depuis 2021. Les robots Atlas et Spot sont déjà prévus dans les stades de la Coupe du monde FIFA 2026, et Kia a annoncé un déploiement d’Atlas dans son usine de Géorgie dès 2029. La production annuelle visée de 30 000 unités d’ici 2030 ferait de Hyundai l’un des plus gros fabricants de robots humanoïdes au monde.
DEEPX : des puces IA qui rivalisent avec Nvidia à moindre coût
DEEPX, fondée par Lokwon Kim, ancien ingénieur Apple, développe des unités de traitement neuronal (NPU) compactes et économes en énergie. Ses puces permettent aux robots d’exécuter des tâches d’IA en local, sans connexion cloud.
Le partenariat élargi avec Hyundai introduira la puce DX-M2, gravée en 2 nanomètres chez Samsung. Cette puce de deuxième génération est optimisée pour l’IA générative embarquée : elle permet aux robots d’apprendre de leurs expériences en temps réel, sur le modèle des grands modèles de langage. Selon Kim, les performances sont comparables au Jetson Orin de Nvidia pour une fraction de la consommation et du coût.
L’avantage thermique est crucial. Les robots humanoïdes qui effectuent des tâches complexes chauffent vite. Des puces moins gourmandes en énergie réduisent ce problème, un facteur limitant pour le déploiement à grande échelle.
Une course aux puces robotiques entre la Corée et les USA
DEEPX prépare son introduction en Bourse à Séoul et négocie un tour de pré-IPO de 600 milliards de wons (408 millions de dollars). La startup vise 40 millions de dollars de revenus cette année et compte Baidu parmi ses clients en Chine. Une cotation secondaire aux Etats-Unis via des ADR (American Depositary Receipts) est envisagée.
Avec Rebellions (puces d’inférence IA, IPO en cours) et Samsung (procédé 2 nm), la Corée du Sud se positionne comme un acteur clé de la chaîne de valeur des robots humanoïdes. Face à la domination de Nvidia sur les puces d’IA robotique, les alternatives coréennes pourraient redistribuer les cartes.
Pourquoi c’est important
Hyundai est en train de construire un écosystème complet : robots (Boston Dynamics), puces (DEEPX), usines (26 milliards aux USA), et cas d’usage (automobile, FIFA, logistique). Avec 30 000 unités par an en cible, le groupe ne fait pas de la R&D vitrine. Il prépare une production de masse qui pourrait le placer au même niveau que les champions chinois Unitree et AgiBot d’ici la fin de la décennie.

