Chine et Asie

Les robots danseurs Unitree conquièrent America’s Got Talent pendant que le Congrès américain veut les bannir

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Huit humanoïdes Unitree G1 ont décroché une ovation debout sur la scène d’America’s Got Talent, l’une des émissions les plus suivies de la télévision américaine. Le lendemain, un projet de loi visant à bannir les robots chinois était déposé au Congrès. Le contraste résume à lui seul le grand écart entre l’opinion publique américaine et ses élus.

Huit robots humanoïdes Unitree G1 dansant en synchronisation sur une scène de télévision avec un danseur humain
Illustration RoboActu

Un numéro qui laisse les juges sans voix

Le segment, diffusé sur NBC lors de la première de la saison 21, mettait en scène le danseur chinois Wu Yufei, alias « Flying Bug », originaire du Sichuan, accompagné de huit G1 du constructeur Unitree, basé à Hangzhou. La troupe a exécuté une chorégraphie millimétrée sur « Abracadabra » de Lady Gaga, avec un timing et un sens du rythme qui ont surpris une partie du public et du jury, certains cherchant à comprendre comment les machines étaient pilotées.

Le verdict est tombé à l’unanimité : qualification pour le tour suivant. « Dingue, mais brillant », a lâché Simon Cowell, d’ordinaire avare en compliments. Mel B, ancienne Spice Girl, a jugé les robots « parfaits ». L’émission, lancée en 2006, réunissait près de 6 millions de téléspectateurs par épisode la saison dernière selon Nielsen. Autant dire une vitrine considérable pour des humanoïdes made in China.

Washington veut fermer la porte

Le timing ne pouvait pas être plus parlant. Un jour après le passage des robots à l’antenne, un texte bipartisan baptisé Guard Act était introduit au Congrès. Il vise à interdire les robots chinois jugés à risque pour la sécurité nationale. En parallèle, l’American Security Robotics Act progresse et interdirait aux agences fédérales américaines d’acheter des robots, humanoïdes compris, produits par des entreprises chinoises.

D’un côté, un public conquis et un effet de notoriété massif. De l’autre, des élus qui voient dans ces machines un cheval de Troie technologique. Pour les analystes cités par la presse, cette apparition à une heure de grande écoute pourrait justement accélérer l’acceptation des robots chinois dans le grand public, au moment précis où le législateur tente de freiner leur diffusion.

Une offensive commerciale bien réelle

Unitree ne s’arrête pas au plateau télé. Le constructeur s’est étendu à l’international via AliExpress, la plateforme d’Alibaba, en visant l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. Il a aussi annoncé un partenariat avec Nvidia autour d’une nouvelle architecture de référence, le H2+, attendue plus tard cette année.

Les obstacles restent toutefois nombreux pour un déploiement de masse hors de Chine. Les experts pointent la difficulté à identifier des cas d’usage concrets, à collecter les données opérationnelles nécessaires et à bâtir des réseaux de support locaux pour la maintenance, l’intégration et la calibration. La conquête du public américain est une chose. Celle de son marché, et de ses régulateurs, en est une autre.

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