C’est depuis le salon MWC 2026 de Barcelone que KDDI a fait l’annonce, lundi 2 mars. L’opérateur télécom japonais, qui gère notamment le réseau de boutiques mobiles « au » au Japon, va tester des robots humanoïdes capables d’accueillir et de conseiller des clients. L’objectif : faire passer le service client à une nouvelle vitesse grâce à ce que le secteur appelle l’IA physique.
Un robot piloté par l’IA physique, développé avec un professeur de robotique connu
Le partenaire de KDDI s’appelle Avita. Cette startup japonaise est dirigée par Hiroshi Ishiguro, professeur au laboratoire d’intelligence robotique de l’Université d’Osaka. Ishiguro est une figure reconnue dans la communauté robotique mondiale : ses travaux sur les androïdes et les avatars numériques lui ont valu une réputation bien au-delà du Japon.
KDDI fournira les technologies de communication qui relient l’infrastructure cloud aux robots sur le terrain. Ces humanoïdes sont conçus pour apprendre et développer des capacités conversationnelles de plus en plus naturelles au fil de leurs interactions avec les clients réels.
Des boutiques mobiles, mais aussi des musées et des établissements de santé
Les robots ne se limiteront pas aux boutiques « au ». Selon KDDI, les humanoïdes sont prévus pour fonctionner dans des établissements médicaux et de bien-être, des musées d’art et des espaces de loisirs. Une ambition qui dépasse largement le simple accueil en point de vente.
Concrètement, les robots seront connectés en permanence à une infrastructure cloud, ce qui leur permettra de bénéficier de mises à jour et d’apprentissages continus. C’est cette connexion permanente qui définit l’approche d’IA physique selon KDDI : le robot ne fonctionne pas en isolé, il est un noeud d’un réseau intelligent plus large.
Une base déjà posée avec les avatars numériques
KDDI et Avita ne partent pas de zéro. Les deux entreprises ont déjà lancé un système de service client à distance, guidé par un avatar IA, permettant aux consommateurs d’accéder à des services essentiels : télécommunications, finances, santé, aide à domicile. Le robot humanoïde physique constitue donc l’étape suivante d’un travail déjà engagé.
Les premiers essais sont prévus pour l’automne 2026. Si le test fonctionne, KDDI pourrait étendre le déploiement à l’ensemble de son réseau de boutiques, qui compte des milliers de points de vente à travers l’archipel.
Le Japon face à son défi démographique
Le Japon est confronté à une équation difficile : population vieillissante, marché du travail en tension structurelle, secteurs de service sous pression. Dans ce contexte, les robots d’accueil ne sont plus une curiosité technologique, mais une réponse concrète à des pénuries bien réelles.
La particularité de l’approche KDDI tient à son ancrage dans les réseaux de communication. Là où d’autres misent sur des robots autonomes isolés, KDDI parie sur un robot connecté, capable d’évoluer en permanence grâce aux données collectées dans des centaines de points de contact différents.
Toyota, Honda et Sony investissent depuis des années dans la robotique de service. Désormais, les opérateurs télécoms rejoignent la course. C’est peut-être là le signe que le secteur est en train de franchir un cap.