Lumos Robotics montre son robot mobile manipulateur MOS 2 au travail sur des lignes de production d’automates Mitsubishi Electric. La démonstration réunit transport de chariots, inspection, manutention de boîtes et vissage dans un même environnement industriel.
La vidéo publiée par le constructeur ne précise ni le nombre de robots déployés, ni la durée de fonctionnement, ni les indicateurs de disponibilité. Elle montre néanmoins un éventail de tâches plus proche d’une ligne réelle que d’une démonstration de laboratoire. Mitsubishi Electric est aussi un investisseur de Lumos Robotics, ce qui inscrit ces essais dans une relation industrielle déjà établie.
Une base mobile et deux bras pour changer de poste
MOS 2 combine une base omnidirectionnelle avec deux bras manipulateurs. Lumos annonce une charge nominale totale de 30 kg pour les deux bras et une charge maximale de 50 kg. Cette architecture vise les ateliers où un même robot doit circuler entre plusieurs postes plutôt que rester fixé derrière une barrière.
Le constructeur indique que la plateforme embarque jusqu’à trois lidars 3D, deux capteurs de force six axes, des caméras aux poignets et une caméra principale. Une bordure de sécurité entoure le châssis, complétée par deux arrêts d’urgence et une télécommande d’arrêt sans fil. Le calcul local atteint 275 TOPS, afin d’exécuter sur place des modèles de perception et de contrôle.
De l’inspection au vissage
Sur les lignes montrées, le robot déplace des charges, vérifie des éléments, manipule des cartons et utilise un outil de vissage. Ces activités imposent des exigences différentes : navigation précise près des équipements, positionnement du bras, changement d’effecteur et coordination avec d’autres machines.
Lumos prévoit des batteries extractibles et échangeables à chaud, ainsi qu’une recharge automatique sur station. Le fabricant met aussi en avant un SDK, une orchestration graphique des tâches et la compatibilité avec plusieurs préhenseurs ou mains robotisées. Ces fonctions cherchent à réduire le temps nécessaire pour reconfigurer le robot lorsqu’il change de poste.
La production reste le vrai test
La démonstration est prometteuse, mais elle ne prouve pas encore un déploiement à grande échelle. Les données décisives seront le temps moyen entre pannes, le taux de réussite par tâche, la vitesse face à une cellule automatisée classique et le coût d’intégration. La capacité à coordonner plusieurs MOS 2 sans interrompre la ligne sera également centrale.
Cette approche illustre toutefois une évolution importante : les constructeurs cherchent moins à reproduire la silhouette humaine qu’à réunir mobilité, manipulation et outillage dans une plateforme adaptée aux contraintes d’usine. Pour Mitsubishi Electric et Lumos, le passage de la vidéo à des résultats chiffrés déterminera si MOS 2 devient un équipement de production plutôt qu’une vitrine technologique.
Sources : annonce officielle de Lumos Robotics et fiche produit officielle de MOS 2.
