Meta expérimente plusieurs robots dans ses centres de données américains. Des bras Kinova Gen3, des systèmes ABB et des machines à deux bras de Watney Robotics sont évalués pour redémarrer des serveurs, manipuler des câbles et remettre en place des composants.
Ces essais ont été révélés le 28 août par WIRED, qui s’appuie sur plusieurs salariés actuels et anciens. Meta n’a pas commenté le détail des programmes, mais l’entreprise avait déjà présenté la robotisation de ses centres de données comme un objectif de long terme lors d’une conférence de l’Open Compute Project.
Des bras robotisés face aux câbles et aux serveurs
Les tâches étudiées sont très concrètes. Un bras Kinova Gen3 servirait à couper puis rétablir l’alimentation de serveurs. Une autre machine doit remplacer des câbles réseau. Dans l’Iowa, deux robots à deux bras de Watney seraient supervisés par des humains pour des opérations de câblage. Dans l’Ohio, des plateformes mobiles équipées d’un bras ABB sont testées pour remettre des pièces en place.
Meta utilise déjà des robots plus simples pour transporter des baies et relever des inventaires. Selon l’enquête, ces systèmes circulent notamment dans l’Iowa et en Virginie. Leur déploiement montre toutefois les limites du matériel actuel : difficulté à franchir des câbles au sol, lecture imparfaite des voyants colorés, vitesse insuffisante et pauses de recharge fréquentes.
Le travail sur les câbles reste particulièrement exigeant. Les connecteurs, les portes et les équipements ont été conçus pour des techniciens humains. Un robot doit donc combiner mobilité, perception fine et manipulation précise dans un espace très encombré, sans endommager des infrastructures coûteuses.
Un terrain d’essai industriel pour la robotique
Les centres de données offrent un cas d’usage intéressant aux fabricants de robots. Les installations sont structurées, les opérations se répètent et certains incidents doivent être traités rapidement. Elles imposent en même temps une fiabilité élevée et une traçabilité complète de chaque intervention.
Eric Xu, responsable de la robotique chez Meta, expliquait en 2025 que ces machines pourraient accélérer la réponse aux incidents, surveiller l’environnement et assurer la maintenance préventive. La vidéo de cette intervention replace les essais actuels dans une stratégie plus ancienne.
Eric Xu, de Meta, présente les enjeux de l’automatisation physique des centres de données lors de l’Open Compute Project.
Des expérimentations encore loin d’un déploiement généralisé
Les tests ne prouvent pas encore qu’un parc de robots puisse remplacer les équipes de maintenance. Certains prototypes avancent moins vite que les techniciens et nécessitent toujours une supervision. Le raccordement très dense des accélérateurs d’IA reste aussi hors de portée des systèmes décrits.
Ils indiquent néanmoins que la robotique industrielle gagne un nouveau secteur. Après les entrepôts et les usines, les centres de données deviennent un laboratoire pour des machines capables d’intervenir sur l’infrastructure numérique elle-même. Le prochain seuil sera moins spectaculaire qu’une démonstration : accomplir ces opérations de manière régulière, sûre et économiquement mesurable.
