Microsoft et OpenAI ont annoncé lundi 27 avril 2026 une nouvelle refonte de leur partenariat. La licence exclusive que détenait Redmond sur les modèles et produits du créateur de ChatGPT devient non exclusive et court désormais jusqu’en 2032. Le changement débloque le deal de 50 milliards de dollars signé avec Amazon en février dernier.

Une exclusivité qui menaçait l’accord avec Amazon
Depuis la première version du contrat, Microsoft pouvait commercialiser en exclusivité tous les produits et toute la propriété intellectuelle d’OpenAI jusqu’à un éventuel franchissement de l’AGI. Concrètement, Azure restait le seul fournisseur cloud autorisé pour les API d’OpenAI, y compris le futur outil agentique Frontier.
Cette clause empoisonnait l’investissement annoncé en février par Amazon. Le géant de Seattle promettait jusqu’à 50 milliards de dollars à OpenAI, dont 15 milliards immédiatement et 35 milliards sous conditions, en échange du droit exclusif de servir Frontier sur AWS Bedrock. Microsoft avait publiquement contesté ces termes le jour même de l’annonce, allant jusqu’à envisager une action en justice selon le Financial Times.
Ce que change concrètement la nouvelle version
Le nouveau contrat installe une fenêtre claire jusqu’en 2032. Microsoft conserve le statut de « primary cloud partner » et garde l’accès aux modèles et produits, mais perd l’exclusivité. OpenAI peut désormais distribuer tous ses produits sur n’importe quel autre cloud public, AWS en tête. Andy Jassy, patron d’Amazon, a confirmé sur X que les modèles d’OpenAI seraient disponibles « dans les prochaines semaines » sur AWS Bedrock, aux côtés du futur Stateful Runtime Environment.
En contrepartie, Microsoft cesse de verser un revenu partagé à OpenAI tandis que la startup continue de payer Microsoft jusqu’en 2030, avec un plafond. Le géant de Redmond a déclaré 7,5 milliards de dollars de revenus liés à OpenAI au seul dernier trimestre. Il conserve aussi sa participation d’environ 27 % dans la branche à but lucratif d’OpenAI.
La clause « first on Azure » reste en vigueur : les nouveaux produits sortiront d’abord sur Microsoft Cloud, sauf si Redmond ne peut pas ou ne veut pas les supporter. Une formulation suffisamment floue pour laisser à OpenAI une marge de manœuvre commerciale.
Pourquoi tout le monde y gagne
OpenAI lève le risque juridique qui planait sur son contrat AWS et sécurise son IPO en préparation. Amazon obtient enfin l’accès direct aux modèles GPT pour ses clients Bedrock. Microsoft sécurise un flux financier garanti jusqu’en 2030 et libère sa propre stratégie : Redmond a noué en parallèle un accord avec Anthropic pour utiliser Claude dans ses agents IA. Le duopole technique entre OpenAI et Microsoft cède la place à une compétition multi-fournisseurs.
En clair, les vrais gagnants sont les entreprises clientes. Elles pourront choisir librement leurs modèles et leurs clouds pendant que les hyperscalers se livrent une guerre de prix pour capter leurs charges de travail IA. Le deal redessine aussi la cartographie : Anthropic verrouillé chez Google (40 milliards investis la semaine dernière) et désormais utilisé par Microsoft, OpenAI ouvert à AWS, Mistral en train de finaliser ses propres accords. La période de l’IA verrouillée à un seul cloud est en train de se refermer.